« Tant qu’on s’amuse et qu’on est en progression constante, on n’a pas de raison de douter », pose Jean-Baptiste Bernaz, associé à Jérémie Mion en 49er depuis un an et demi.
Marins très expérimentés, avec pour le premier un titre mondial (2022) et cinq participations aux Jeux olympiques en laser et pour le second un sacre mondial (2018), deux titres européens (2013, 2016) et trois participations aux Jeux olympiques en 470, les deux membres du pôle France de Marseille n’ont pas hésité à sortir de leur zone de confort en cette nouvelle olympiade pour se lancer un immense défi. « On est parti de très loin techniquement, surtout au vu de la concurrence, rappelle Jérémie Mion (36 ans). On arrive seulement à entrer dans la performance. Il faut continuer à travailler, il y aura toujours matière à progresser. »
Si les résultats des premières compétitions ont été plutôt encourageants, l’apprentissage n’est pas de tout repos et s’accompagne d’une grosse remise en question. « Parfois, quand on est sur l’eau, j’ai l’impression d’être débutant, concède JB Bernaz (38 ans). Avant, j’étais persuadé d’être un marin accompli, capable de pouvoir tout faire. Avec ce changement de support, la réalité est tout autre. »
Mais les deux hommes sont de la trempe de ceux qui n’abandonnent jamais. Et sur ce support aussi exigeant que fort en sensations, ils trouvent petit à petit leurs marques. « C’est assez dur de manière générale mais quand on a des bons moments, ils sont incroyables. Ce n’est pas évident de trouver cet état de flots comme on dit mais ça nous est déjà arrivé plein de fois. »
En amont de la saison internationale, ces championnats de France actuellement à Marseille sont alors l’occasion pour ce nouveau binôme de voir où il en est dans sa progression. Sans pression de résultat.
D’Ortoli juste pour le fun
Jean-Baptiste à la barre, Jérémie en équipier et à la tactique, les deux marins comptent sur leur belle amitié comme leur grande expérience pour pouvoir tirer le meilleur du bateau. « Dès qu’on arrivera à mettre notre jeu en place, ce sera beaucoup plus simple et notre progression plus rapide », explique Jean-Baptiste Bernaz. Avec les Jeux olympiques de Los Angeles-2028 en ligne de mire. « On y pense tous les jours. C’est pour ça qu’on fait de la voile. Pour y arriver, il faudra rester unis », prévient Jérémie Mion.
Une philosophie loin de celle de Julien D’Ortoli aujourd’hui. Si le Marseillais (5e des JO de Rio-2016 en 49er) est bien engagé sur ces championnats de France, en 49er avec Yann Jauvin, c’est uniquement pour le fun. « Je navigue avec lui sur le circuit TF35 en Suisse et on a décidé de s’associer juste pour cette compétition et seulement pour s’amuser, explique le skipper de 42 ans désormais préparateur mental. On a eu de la chance que Jean-Baptiste et Jérémie nous prêtent leur deuxième bateau. «
La voile, une grande famille.
Championnats de France Élite de voile olympique. Jusqu’au dimanche 22 février en rade de Marseille.