Par
Clément Mazella
Publié le
21 févr. 2026 à 20h21
« Il semblerait donc que ce ne fût qu’un feu de paille. […] Aujourd’hui, on retrouve des lambeaux de latex éparpillés un peu partout à Twickenham, le ballon de l’Angleterre ayant été éclaté de façon plus que spectaculaire par l’Irlande » : l’attaque de l’article de Michael Aylwin pour The Guardian résume parfaitement la manière dont la presse anglaise atomise le XV de la Rose après la plus large défaite de son histoire contre l’Irlande (et au passage, la 3e plus lourde à domicile).
Les 12 victoires de suite vite oubliées
Ce samedi, à Twickenham, l’Angleterre a frôlé l’indigence, menée notamment 0-22 après 30 minutes de jeu (défaite 21-42, NDLR). Rugby Pass évoque « une raclée », The Guardian « un désastre », The Telegraph « une humiliation totale », alors que The Times utilise le qualificatif « misérable » pour définir cette Angleterre « surclassée » et auteure d’une « prestation catastrophique ».
Cette presse anglaise, jamais tendre, oublie bien vite la récente série de 12 victoires, qui s’est achevée la semaine dernière avec le revers concédé en Écosse. Mais au-delà des résultats purs et durs, les médias s’interrogent sur le véritable niveau de jeu de l’équipe et la stratégie du sélectionneur Steve Borthwick, qui ne fait pas forcément l’unanimité.
« L’Angleterre était devenue redoutable sous la direction de Borthwick, mais avec cette défaite, son équipe est désormais soumise à une pression croissante », écrit la BBC. « Il est certainement trop tôt pour que quiconque de sensé réclame sa démission, mais ses projets sont réduits à néant. On en saura vraiment plus sur lui et son équipe dans les semaines à venir », lâche The Guardian.
Des anciens internationaux très critiques
Le projet de Borthwick, c’était de (re)faire de l’Angleterre la meilleure nation d’Europe. Mais aussi de gagner ce Tournoi des 6 Nations qui échappe aux Anglais depuis 2020. « Désormais, cet espoir-là est plus que jamais lointain, compte tenu des déplacements périlleux à Rome et à Paris qui les attendent », appuie la BBC.
Parmi les anciens internationaux, Lawrence Dallaglio s’est montré acide à souhait, estimant dans The Times que la défaite de l’Angleterre était « l’une des plus inacceptables et humiliantes qu’il ait vues récemment ». L’ex-n°8 pointe du doigt « un manque d’intensité, d’engagement flagrant et des problèmes tactiques profonds chez les Anglais ».
L’ancien ouvreur Andy Goode, très actif sur les réseaux sociaux, et qui avait pronostiqué une victoire anglaise par 12 points d’écart, s’est lâché à l’envi, écrivant « L’Angleterre, à l’image de Steve Borthwick, a été sans inspiration et terne. Le temps de Ford sous le maillot anglais touche à sa fin », mais aussi « De nombreux joueurs sont bien en deçà de leur niveau habituel. De sérieuses interrogations subsistent quant aux compétences de Borthwick en tant que sélectionneur ». Bref, la sulfateuse est de sortie outre-Manche…
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