Au printemps 2021, les premiers cas de thrombose cérébrale, après une vaccination contre le coronavirus, ont été signalés. Ils sont survenus après des injections de vaccins d’AstraZeneca et de Johnson & Johnson, dits à vecteur viral. Les vaccins à ARNm de Moderna et de Pfizer n’étaient pas concernés.
Une équipe de chercheurs a découvert comment ces thromboses ont pu se produire et pourquoi aussi rarement, rapporte le «Tages-Anzeiger». En Allemagne, sur 9,2 millions de vaccinations avec les vaccins concernés, 106 cas de thromboses ont été constatés, dont 21 mortels. En Suisse, le vaccin d’AstraZeneca n’était pas autorisé et celui de Johnson & Johnson n’a été que rarement utilisé.
«Agent de transport»
Pour simplifier, un vaccin à vecteur viral fonctionne comme suit: il contient le plan de construction d’un composant du virus. Dans le cas du vaccin contre le coronavirus, il s’agissait du plan de la protéine Spike du Covid-19. Lorsque ce plan pénètre dans le noyau de nos cellules, celles-ci peuvent s’en servir pour reconnaître le coronavirus et produire des anticorps.
Pour que le plan de construction puisse pénétrer dans le noyau cellulaire, il est transporté par des adénovirus, également présents dans le vaccin. Normalement, ces virus sont inoffensifs pour le corps humain. Cependant, ce sont précisément eux qui seraient responsables des thromboses dans de rares cas.
Mutation génétique aléatoire
Apparemment, seules les personnes porteuses d’une variante spécifique d’un gène du système immunitaire ont développé des thromboses cérébrales. Chez ces personnes, une mutation aléatoire peut se produire lors de la lutte contre les virus.
Une partie de l’adénovirus ressemble à une partie du facteur plaquettaire 4 humain. Cette protéine joue un rôle important dans la coagulation sanguine. En cas de mutation aléatoire, les anticorps se mettent à combattre ce facteur plaquettaire. Cela entraîne la formation de caillots sanguins (thromboses) dans le cerveau.
«Cette combinaison d’une mutation aléatoire et d’une particularité génétique est extrêmement rare. Le risque de cette complication est donc très faible», explique la coautrice de l’étude, Linda Schönborn, de l’École de médecine de Greifswald. «Nous pouvons maintenant rendre les vaccins à vecteur viral plus sûrs pour tout le monde», ajoute le coauteur, Andreas Greinacher.
(jsa)