Des voitures qui filent entre deux parois blanches, comme au
fond d’un canyon. Sur la RD 902 entre
Bessans et Bonneval-sur-Arc, en
Haute-Maurienne, la route s’encaisse entre des
murs de neige
de près de 8 mètres. Les véhicules paraissent
minuscules, avalés par ces couloirs glacés qui transforment ce bout
de Savoie en décor irréel.

Mardi 17 février, une avalanche est tombée sur cet axe et a

coupé l’accès au village
, isolant temporairement
Bonneval-sur-Arc. La route a rouvert le lendemain
vers 13 heures, après un vaste déblaiement, alors que la neige
continuait de tomber et que le risque d’avalanches restait très
élevé,
le hors-piste
étant fortement déconseillé.

RD 902 entre Bessans et Bonneval-sur-Arc : une avalanche, puis
un corridor géant

Tout est parti de cette coulée du mardi matin, qui a recouvert
la chaussée de plus de huit mètres de neige et rompu la liaison
entre les deux villages. Les services des routes ont attaqué sans
attendre, fraises et engins à l’œuvre pour dégager la masse et
rouvrir l’unique accès, rendu à la circulation mercredi en début
d’après-midi.

Depuis la réouverture, les voitures se suivent dans ce couloir
blanc, téléphones sortis. Face à ces parois qui tutoient les 10
mètres par endroits, les réactions se ressemblent : « C’est
impressionnant. Il y a à peu près 6 ou 7 mètres, on se sent petit »,
confie un homme à Franceinfo. Beaucoup s’arrêtent pour immortaliser
la scène et mesurer, en photo, l’ampleur des murs de
neige
.

Ces images d'une route de Savoie prise entre deux murs de neige de 8 mètres alors que le risque d'avalanches explose © Reworld Media

Ces
images d’une route de Savoie prise entre deux murs de neige de 8
mètres alors que le risque d’avalanches explose

Murs de neige Bonneval-sur-Arc : la mémoire des 17 mètres
refait surface

Au pied de ces parois, des habitants viennent se faire
photographier en famille. « Dans les années 1980, on a eu jusqu’à 17
mètres de neige, là 8 ce n’est pas grand-chose », se rappelle un
Bessanais interrogé par Le Dauphiné Libéré. Pour lui, ces
accumulations font presque partie du paysage, même si la vision de
ces blocs entassés de part et d’autre de la route impressionne
encore.

Dans le village de Bonneval-sur-Arc, à 1 800
mètres, les toits disparaissent sous la poudreuse et certaines rues
ne se devinent plus. « Là, les toits, on ne les voit plus, la neige
se touche. On est au bout du monde, on est coupés du monde, c’est
ce qui est super », sourit une habitante. « On n’a pas souvent
l’occasion de voir un paysage comme celui-ci. La dernière fois,
c’était je crois en 2018 », remarque un voisin, partagé entre
fascination et souvenirs.

Tempête de neige et tracteur © shutterstock

Déneigeurs, avalanches et skieurs : un
quotidien façonné par la neige

Pour garder la route ouverte, les équipes du Département
travaillent en continu. « On évacue la neige au fur et à mesure
qu’elle tombe pour que les gens aient le moins de pelle à la main à
faire pour sortir leur voiture, et pour pouvoir circuler. Il n’y a
pas eu la grosse chute d’un mètre dans une nuit, mais comme ça dure
un peu sur presque deux semaines maintenant, c’est pas mal », résume
Sébastien Pasquier, conducteur d’engin à la DPLP. Une touriste
suisse savoure cette neige, mais reste prudente : « Là, ça va, on
est content. Limite, il y a presque trop, malheureusement, parce
qu’on fait du ski de randonnée, donc on ne peut pas aller partout,
c’est un peu dangereux à cause des avalanches. »