Alors que 61% des femmes expriment avoir déjà ressenti de l’insécurité dans un VTC, la start-up tricolore entend bousculer le marché des plateformes en misant sur la sécurité, une commission réduite et un développement progressif.
Rentrer chez soi sans appréhension. C’est la promesse de Lady’s VTC, une nouvelle application française qui se lance lundi 23 février avec un positionnement clair : proposer des trajets exclusivement assurés par des femmes pour des femmes. Un modèle qui s’inscrit dans un mouvement de fond du secteur des voitures de transport avec chauffeur (VTC).
L’idée n’est pas totalement nouvelle. En novembre 2024, Uber lançait en Île-de-France son service «Uber by Women», réservé aux conductrices et passagères. À l’époque, les femmes ne représentaient que 5% des chauffeurs sur la plateforme. L’objectif affiché était double : «féminiser la profession et donner le choix aux passagères.» Uber revendiquait alors 1500 conductrices en région parisienne, tout en reconnaissant un temps d’attente plus élevé (en raison de l’offre plus faible que la demande), de 15 minutes en moyenne, contre 4 minutes sur UberX. Depuis, le service a été étendu à Bordeaux puis, il y a quelques jours, à Lyon.
Bolt a également multiplié les initiatives. La plateforme estonienne a développé sa catégorie «Women for Women», désormais présente dans seize villes françaises. En un an, de février 2024 à février 2025, le nombre de femmes chauffeurs a ainsi progressé de 92%, contre +10% pour les hommes, faisant passer la part des conductrices de 2,3% à 4%. Le groupe a aussi mis en place des mesures de sécurité supplémentaires, comme la transformation du smartphone du chauffeur en caméra embarquée via une application dédiée ou encore des ateliers d’autodéfense mensuels gratuits.
Regards insistants, remarques déplacées
Ces initiatives répondent à une attente bien identifiée. Selon une étude OpinionWay réalisée pour Bolt et publiée en décembre 2025, 61% des femmes déclarent avoir déjà ressenti de l’insécurité lors d’un trajet en VTC, évoquant des regards insistants ou des remarques déplacées. 72% se disent soulagées lorsque leur chauffeur est une femme et 76% estiment avoir besoin de dispositifs technologiques spécifiques pour être rassurées. Le sujet a aussi été ravivé par des faits divers. En octobre 2025, une jeune femme a déposé plainte pour viol à Noisy-le-Sec, en Seine-Saint-Denis, accusant son chauffeur VTC de l’avoir agressée alors qu’il devait la déposer à son domicile.
C’est dans ce contexte que Lady’s VTC entend se faire une place. «L’idée est simple : de plus en plus de femmes font appel à ce type de service et veulent rentrer plus sereines chez elles», explique Yann Lemousse, 23 ans, fondateur et directeur général de l’entreprise. Ancien sportif de haut niveau passé par le développement web, il s’est associé à deux partenaires, Jean Frequelin et
Anthéa Laforêt pour lancer leur projet. La phase de lancement se veut maîtrisée avec 50 conductrices en Île-de-France et jusqu’à 500 utilisatrices pour les premières semaines. «On ne veut pas qu’il y ait un écart trop important entre le nombre de conductrices et d’utilisatrices. Le ratio est central pour garder un service premium sans attente excessive», détaille le dirigeant. Lady’s VTC promet ainsi un temps d’attente «maîtrisé», là où certaines offres concurrentes pâtissent de délais plus longs.
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«On veut démocratiser cette profession»
Le modèle repose aussi sur une commission réduite par rapport aux grandes plateformes, «jusqu’à 45% selon certains acteurs», pointe Yann Lemousse. L’objectif est ainsi de proposer des tarifs plus intéressants, tout en rendant le métier plus attractif. «On veut démocratiser cette profession, historiquement peu féminisée, et la rendre encore plus accessible», insiste l’entrepreneur. Une campagne de recrutement va bientôt être lancée pour étoffer le réseau. La start-up met en avant la sécurité avec la vérification systématique des papiers d’identité, la sensibilisation des conductrices ou encore la possibilité de laisser des témoignages.
«On ne veut plus que ces trajets soient vécus comme un huis clos. Notre service est fondé autour de la sécurité et du confort», assure Yann Lemousse. Après deux semaines de test, qui commenceront lundi, Lady’s VTC compte consolider son produit avant d’envisager une expansion : «On ne veut pas aller trop vite. L’objectif, c’est d’abord de réussir en Île-de-France.»