Le jeu Tetris s'est révélé être un atout précieux dans la lutte contre le trouble de stress post-traumatique.Le jeu Tetris s’est révélé être un atout précieux dans la lutte contre le trouble de stress post-traumatique.IMAGO/YAY Images

Selon une nouvelle étude, le jeu vidéo Tetris s’avère être une arme efficace pour lutter contre les souvenirs intrusifs traumatiques. En maintenant le cerveau occupé, il empêche les flashbacks de s’imposer, entraînant une diminution des symptômes du trouble de stress post-traumatique (TSPT) qui dure dans le temps, révèle l’Université d’Uppsala (Suède).

«Même un seul souvenir intrusif, bref, d’un traumatisme passé peut avoir un impact considérable au quotidien en accaparant l’attention et en laissant les personnes à la merci d’émotions indésirables et envahissantes», a déclaré la professeure de psychologie Emily Holmes, auteure principale de l’étude, citée par Euronews.

Publiés dans «The Lancet Psychiatry», ces travaux ont été menés sur des soignants qui avaient été marqués par ce qu’ils avaient vécu sur leur lieu de travail durant la pandémie de Covid-19. Une partie des participants ont bénéficié d’un traitement développé par l’Université d’Uppsala, l’ICTI (pour «Imagery Competing Task Intervention») dont l’outil est justement Tetris.

Le nombre de souvenirs intrusifs divisé par 15

Après leur avoir appris la rotation mentale – une capacité cognitive de visualisation qui permet de faire pivoter mentalement des objets en 2D ou 3D pour déterminer s’ils sont identiques ou en miroir –, les chercheurs ont demandé aux membres du groupe ICTI d’appliquer cette technique pour jouer à Tetris, afin de réduire la force et la fréquence des souvenirs parasites en leur faisant concurrence en occupant les zones visuo-spatiales du cerveau.

Résultat: au bout de quatre semaines, le nombre de souvenirs intrusifs chez les participants est passé de quatorze en moyenne à un par semaine. Soit dix fois moins que chez les personnes dans les autres groupes de l’étude, qui avaient notamment écouté de la musique classique en guise de traitement. Mieux: 70% des sujets qui avaient bénéficié de l’ICTI ne souffraient plus d’aucun souvenir parasite six mois après l’essai.

Par ailleurs, a constaté l’équipe d’Emily Holmes, l’ICTI a permis de réduire également la totalité des symptômes du TSPT, dont l’anxiété et la dépression, qui se sont améliorés dès la quatrième semaine de traitement.

Eva Grau

Eva Grau (egr) est journaliste chez 20 minutes, titre qu’elle a rejoint en 2009. Ses thèmes de prédilection: la santé et l’actu people-culture.