C’est la plus grande étude jamais réalisée sur la consommation des hybrides rechargeables. Et ses conclusions font froid dans le dos. Le Fraunhofer Institute, un institut de recherche allemand de référence, a analysé les données de 981 035 véhicules produits entre 2021 et 2023 en Europe. Le verdict est sans appel. Les hybrides rechargeables consomment en moyenne 3,26 fois plus de carburant que ce que les tests officiels WLTP prétendent.
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Votre hybride rechargeable consomme plus que prévu
En clair, les constructeurs promettent une consommation moyenne de 1,57 litre aux 100 km. La réalité mesurée sur route est pourtant de 6,12 litres aux 100 km. C’est un gouffre. Pour donner un ordre d’idée, 6 litres aux 100, c’est la consommation d’un véhicule hybride classique qui n’a même pas de prise de recharge. Bref, l’avantage écologique promis par les hybrides rechargeables s’évapore.
Et ce n’est pas tout. L’étude du Fraunhofer a aussi mesuré la consommation en mode « charge depleting ». C’est-à-dire quand le véhicule est censé rouler sur sa batterie. Même dans ce mode électrique, les hybrides rechargeables consomment 2,98 litres aux 100 km en moyenne. C’est presque le double de ce que le WLTP estime pour l’ensemble des modes en même temps. En gros, le moteur thermique s’allume bien plus souvent qu’attendu, même quand le conducteur pense rouler en mode électrique.
Les résultats varient beaucoup selon les marques. Toyota, Kia, Ford et Renault s’en sortent le mieux. Des véhicules qui collent davantage aux chiffres officiels. Les marques de luxe, en revanche, sont les pires élèves.
Porsche est le cas le plus édifiant.
L’étude indique que la Porsche moyenne de l’échantillon n’a consommé que 7 kWh d’électricité sur 27 000 km parcourus. Sur les 11 307 Porsche del’étude, plus de la moitié n’ont jamais été branchées une seule fois. Bentley et Ferrari sont aussi en bas du classement.
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Des véhicules qui coûtent plusieurs centaines de milliers d’euros, dont les propriétaires ont les moyens d’installer une borne de recharge chez eux, mais qui ne prennent même pas la peine de le faire. Résultat, ces hybrides rechargeables de luxe se comportent comme de simples voitures thermiques.
L’étude calcule les véritables émissions de CO2 à environ 140 grammes par kilomètre, soit environ 17 tonnes par véhicule sur une durée de vie de 15 ans. C’est bien loin des promesses des constructeurs.
Les conducteurs ne sont pas le problème, il faut le dire. Le cycle de test WLTP repose sur des hypothèses irréalistes. Il suppose que le véhicule est rechargé tous les jours et que les trajets sont courts. Ce qui gonfle artificiellement la part du mode électrique dans les résultats. Patrick Plötz, chercheur au Fraunhofer Institute, le dit clairement : les valeurs officielles ne reflètent pas du tout la réalité.
Pour les véhicules thermiques classiques, l’écart entre les tests et la vraie consommation est d’environ 20 %. Pour les hybrides rechargeables, il dépasse les 300 %. C’est un tout autre ordre de grandeur.
L’Europe fait face à la pression du lobbying
Bruxelles ajustera le « facteur d’utilité » des hybrides rechargeables. Une formule qui détermine la part estimée d’utilisation électrique par rapport au thermique. Un premier ajustement est entré en vigueur en 2025, un second est prévu pour 2027.
Sauf que voilà, les constructeurs automobiles font un lobbying intense pour annuler ou repousser ces corrections. L’association allemande des constructeurs (VDA) demande la suspension pure et simple des ajustements.
Si le lobbying automobile l’emporte et que les corrections de 2025 sont annulées, l’étude estime que 23 à 25 millions de tonnes de CO2 en plus seront émises d’ici 2045. Si l’ajustement de 2027 n’est pas adopté, ce sera 7 millions de tonnes de CO2 en plus. Des chiffres probablement sous-estimés puisqu’ils ne prennent pas en compte les récents reculs de l’Union européenne sur les objectifs de véhicules électriques.
Les chercheurs recommandent que les vraies valeurs observées sur ces 981 000 véhicules soient la base aux futures réglementations. Mais aussi que les ajustements de 2027 soient encore renforcés pour combler l’écart entre les promesses et la réalité.
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