ANNA KURTH / AFP
Aurore Bergé, ministre déléguée à l’Égalité femmes-hommes, a appelé « la gauche » à rompre « de manière définitive » avec LFI au « risque de perdre des villes » aux élections municipales.
Un nouveau pas vers la diabolisation de la France insoumise au profit du Rassemblement national ? Aurore Bergé, ministre déléguée à l’Égalité femmes-hommes, a appelé « la gauche » à rompre « de manière définitive » avec LFI au « risque de perdre des villes » aux élections municipales, et le RN à retirer ses candidats pour empêcher la victoire d’un candidat de ce parti.
« Est-ce que la gauche est prête, de manière définitive, à rompre » avec la France insoumise, « au risque peut-être de perdre un certain nombre de villes ? J’entends ces derniers jours des voix qui disent l’inverse », a-t-elle déclaré au micro d’Europe 1/CNews/Les Échos ce dimanche 22 février.
Qualifiant de « drame épouvantable » l’agression mortelle du jeune militant d’extrême droite radicale Quentin Deranque, elle a espéré que cet évènement « fera prendre conscience à chacun du danger que représente pour notre pays, pour notre cohésion, pour nos valeurs, pour la démocratie, La France insoumise ». Et d’ajouter : « LFI c’est de l’antisémitisme, LFI c’est un parti anti-France et LFI c’est un parti qui appelle et revendique ou assume une part de violence. »
Un propos qui n’a pas échappé à l’attention de Manuel Bompard, coordinateur de La France insoumise. « L’anti-France est une expression forgée en France par l’extrême droite puis reprise sous Vichy pour qualifier “les juifs, les communistes et les francs-maçons”. Qu’elle soit reprise aujourd’hui par une ministre de Lecornu en dit long sur la fascisation du macronisme », a-t-il écrit sur X. « Après Martine Vassal et son “Travail, Famille, Patrie” inspiré de Pétain… Voici Aurore Bergé et son “parti anti-France” inspiré de l’antisémite Charles Maurras », a de son côté regretté le député LFI Antoine Léaument.
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Lire la Vidéo Des candidats RN aux propos antisémites et négationnistes
Alors que sept personnes ont été mises en examen pour homicide volontaire et complicité, dont deux assistants du député LFI et fondateur du groupe antifasciste dissous la Jeune Garde, Raphaël Arnault, le « devoir de décence » serait « d’exclure » ce dernier du parti, a estimé Aurore Bergé.
Quant au président du Rassemblement national Jordan Bardella, qui « a parlé de cordon sanitaire avec LFI : qu’il le montre aussi au moment des élections municipales », a poursuivi la ministre. « Pourquoi maintiendrait-il des candidats dans des villes où ils savent que le RN n’a aucune chance de gagner, et où LFI peut gagner ? »
Ces propos, comme ceux du Rassemblement national depuis la mort de Quentin Deranque, déplacent la diabolisation dont le RN a longtemps fait l’objet vers LFI, qui devient le parti autour duquel s’installe le « cordon sanitaire ». Une rhétorique qui fait grincer des dents Dominique de Villepin. Dans un long message publié sur les réseaux sociaux le 19 février, l’ancien Premier ministre expliquait craindre que la « diabolisation » de LFI ouvre un « corridor » au RN qui constitue « le danger principal ».
Dans son interview, Aurore Bergé a également fustigé la présence aux municipales des 15 et 22 mars de candidats RN qui « ont tenu soit des propos antisémites, soit des propos négationnistes (…) il y a quelques semaines ou quelques mois à peine, sur les réseaux sociaux », alors que le parti « avait promis qu’il allait faire le ménage de manière définitive ». « Quand on est un grand parti qui nous dit qu’il est prêt à présider notre pays, est-ce que c’est normal de découvrir [ces propos] a posteriori ? », s’est interrogée la ministre déléguée.