ENQUÊTE – Dans les familles, sur les lieux de travail, les réactions de jalousie ou de colère entre les volontaires au combat et ceux restés à l’arrière dessinent déjà des tensions à venir dans la société. Un défi pour l’Ukraine d’après-guerre.

Quatre ans de conflit en Ukraine. Quatre années au cours desquelles, à Ivano-Frankivsk, dans l’ouest du pays, un malaise s’est creusé dans la belle-famille de Denys*. Ce droniste de 31 ans s’est engagé volontaire dès le début de l’invasion russe, en 2022. Mais l’oncle de sa femme, Yulia, fuit la mobilisation. Depuis quatre ans, il sort le moins possible, terrifié à l’idée de tomber sur une patrouille du centre de recrutement. Alors, en famille, on évite de parler du front. Trop explosif. « Moi je ne veux pas le juger. Chacun a ses raisons. Mais lui se raccroche à des théories complotistes pour se donner bonne conscience », déplore le jeune soldat.

Plus la guerre se prolonge, plus la tension s’installe dans la famille. Comme si l’oncle reportait sur Denys sa rancœur envers un système qu’il juge corrompu. Un jour de réunion familiale, il a pris à partie sa nièce : « Est-ce que ton mari veut vraiment que la guerre finisse, ou est-ce qu’il n’y trouve pas son compte, finalement ? »

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Le Figaro

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