David Amiel peut remercier Bruno Retailleau. Si, le 5 octobre 2025, l’ex-ministre de l’Intérieur n’avait pas claqué, à grand bruit, la porte du gouvernement, Sébastien Lecornu n’aurait jamais revu son casting… et le jeune député serait resté au Palais-Bourbon.

Mais une semaine plus tard, le voilà propulsé à Bercy, comme ministre délégué chargé de la Fonction publique et de la Réforme de l’État, dans le gouvernement Lecornu II. Dans l’ordre protocolaire, l’élu de 33 ans hérite de la dernière place.

Ce dimanche 22 février, celui qui reste le cadet de l’équipe est devenu ministre de l’Action et des Comptes publics, en remplacement d’Amélie de Montchalin, partie diriger la Cour des comptes.

Une bonne connaissance des rouages de Bercy

« C’est mérité. Il est dans le haut du panier et très smart », reconnaît un conseiller du ministère. Un autre souligne la logique de la nomination : « Il suppléait Amélie aux bancs de l’Assemblée sur le projet de loi de finances (PLF), il participait aux réunions à Matignon, il était le monsieur Budget 2025 de Renaissance quand il était député. Bref, il est déjà dans le bain. »

Pas inutile en ces temps d’instabilité politique où l’adoption des PLF reste l’alpha et l’oméga de la politique gouvernementale.

Chargé de ficeler le dernier budget de la décennie Macron, David Amiel vient boucler la boucle d’un long compagnonnage avec le président. En 2015, le brillant étudiant, sorti d’hypokhâgne et de l’École normale supérieure, passe, pour la première fois, la porte de la forteresse de Bercy. Stagiaire au cabinet d’Emmanuel Macron, il assiste, aux premières loges, à l’ascension de celui qui deviendra son mentor.

Un proche de Gabriel Attal

Quand son patron devient chef de l’État, il le suit et devient conseiller à l’Élysée. Puis député parisien en 2022, réélu en 2024 face à l’écologiste Aminata Niakate, qui a du mal à le déstabiliser sur des terres conquises d’avance, la treizième circonscription de la capitale.

« Il y a toutefois eu un peu de fébrilité de sa part en 2024, après la dissolution, nuance la porte-parole EELV. Mais bon, le profil de haut fonctionnaire, sérieux, macroniste pur et dur correspond au territoire. »

Dans l’hémicycle de l’Assemblée nationale, l’ambiance sera plus hostile. Sans majorité et dans un climat de précampagne présidentielle, David Amiel, proche de Gabriel Attal et secrétaire général délégué aux Idées de Renaissance, va devoir convaincre les socialistes d’accepter à nouveau le principe du compromis, tout en maintenant les Républicains dans l’alliance. L’occasion, pour cet adepte convaincu du « en même temps », de passer des paroles aux actes.

Pas de quoi impressionner ce jeune ambitieux, de nature discrète et réservée. Récemment, le ministre délégué a renoncé à intégrer la liste de Pierre-Yves Bournazel pour les municipales parisiennes. « Il l’a fait à la demande de Macron qui soutient Dati et ne veut pas de ministre pro-Bournazel », décrypte-t-on dans l’entourage du candidat Horizons. Un retrait afin de ne pas griller ses chances pour une jolie promotion ministérielle ? L’avenir lui a donné raison.