Et si l’une des armes les plus simples contre la
maladie d’Alzheimer
se cachait dans ces après-midi passées à
surveiller un coloriage ou une partie de ballon au parc ? Des
grands-parents récupèrent leurs petits-enfants à l’école sans
imaginer que ce rituel pourrait aussi protéger leur cerveau. Les
médecins cherchent depuis des années des gestes du quotidien
capables de freiner le déclin de la mémoire.

Plusieurs grandes études internationales, publiées dans JAMA
Network Open ou dans la revue Menopause de la North
American Menopause Society, se sont penchées sur la façon dont les

grands-parents
s’occupent de leurs petits-enfants. Elles
retrouvent le même signal : une garde régulière mais
modérée
s’accompagne d’un cerveau qui vieillit moins vite.
Reste à comprendre quelle dose protège vraiment, sans transformer
mamie ou papi en nounou à plein temps.

Maladie d’Alzheimer : quand garder ses petits-enfants fait
baisser le risque

Selon l’Organisation mondiale de la santé, environ 57 millions
de personnes vivent avec une forme de démence,
dont 60 à 70 % de cas liés à la maladie d’Alzheimer. En Chine, les
auteurs d’une vaste étude publiée le 9 juillet dans JAMA
Network Open rappellent que « La démence est un problème de
santé publique urgent, avec un fardeau considérable en Chine, qui
représente près de 25 % des cas dans le monde », cités par
Gala.

Cette recherche a suivi le mode de vie de 10 000 seniors
chinois. Ceux qui gardaient régulièrement leurs petits-enfants
présentaient près de 30 % de risque en moins de démence que ceux
qui ne s’en occupaient jamais, et une garde inférieure à 40 heures
par semaine était associée à une baisse d’environ 24 %. Pour les
auteurs, garder un enfant « peut aider à atténuer la solitude en
favorisant des rôles sociaux significatifs » ; la possession
d’un téléphone portable, l’accès à Internet et une moindre solitude
allaient aussi de pair avec ce moindre risque.

Garder vos petits-enfants une fois par semaine réduit ce risque de maladie grave de 40% (c'est prouvé) © Reworld Media

Garder
vos petits-enfants une fois par semaine réduit ce risque de maladie
grave de 40% (c’est prouvé)

Une journée par semaine : la fréquence qui semble la plus
protectrice

Des travaux relayés par la North American Menopause Society
montrent que les grand-mères de 57 à 68 ans qui gardent leurs
petits-enfants une journée par semaine obtiennent les meilleurs
scores de mémoire et d’attention. Selon ces recherches, cette garde
hebdomadaire s’accompagne d’une baisse d’environ 40 % du risque de
développer Alzheimer ou une démence apparentée par rapport à
l’absence de garde.

Une équipe de l’Université de Tilburg a aussi montré, dans la
cohorte anglaise ELSA, que les grands-parents qui aidaient à la
garde avaient une meilleure mémoire et plus d’aisance verbale,
surtout les grand-mères. Jouer, expliquer et veiller sur un
enfant
oblige
le cerveau
à rester en alerte, entretient la plasticité
neuronale et stimule des hormones comme l’ocytocine et la
dopamine.

grand-mère s'amuse avec son petit-fils © Shutterstock

Attention à la garde intensive des
petits-enfants

Les travaux montrent qu’au-delà de cinq jours de garde par
semaine, les grand-mères obtiennent des scores de mémoire plus
faibles, signe de surcharge. Le stress chronique et l’augmentation
du cortisol peuvent annuler ces bénéfices ; si la fatigue ou des
troubles de mémoire apparaissent, mieux vaut consulter un
médecin.