Par

Jean-Marc Aubert

Publié le

23 févr. 2026 à 8h23

Les fouilles inopinées se suivent et se ressemblent dans des cellules du centre pénitentiaire de Villeneuve-lès-Maguelone, au sud de Montpellier : trois fouilles les 19, 21 et 22 février 2026 démontrant qu’un véritable supermarché de produits illicites fonctionne dans des cellules.

Ce jeudi 19 février 2026, une opération initiée et dirigée par la cheffe d’établissement est intervenue dans un contexte marqué par des découvertes régulières depuis le début de l’année de produits stupéfiants, d’objets interdits et d’armes artisanales, comme Métropolitain l’a évoqué.

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Les surveillants poursuivent leur mission avec détermination et professionnalisme, afin de garantir la sécurité de tous et de lutter activement contre les trafics au sein de l’établissement. Six cellules ont ainsi été ciblées au 2° étage du bâtiment B avec des saisies significatives : une lame de couteau céramique, huit téléphones portables, des produits stupéfiants : 53,5 grammes de cannabis et 9 grammes de cocaïne répartis en neuf pochons, une balance pour peser les drogues, dix chargeurs, une carte Sim, divers câbles, 3 clés types chromecast, 2 paires d’écouteur sans fil, une télécommande Led, une console portable et 2 puffs.

Bien décidée à faire le ménage, la direction de l’établissement a organisé une autre fouille, ce samedi 21 février lors de l’appel à 7h15, où deux détenus ont été surpris en train d’effectuer un direct sur TikTok via un iPhone en charge, posé sur le rebord de la fenêtre. Le live était actif au moment du contrôle. Il a été procédé à la saisie, en plus du téléphone et du chargeur, d’une manette Nintendo de console de jeux, ainsi que d’une clé multimédia.

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Ce dimanche 22 février, les gardiens sont venus fouiller par surprise une autre cellule avec une nouvelle fois des découvertes inattendues marquantes : six téléphones portables, 11 grammes de résine de cannabis, 4 blocs chargeurs, 4 câbles de chargement, 18 grammes d’une substance poudreuse ayant réagi positivement au test de détection d’héroïne. Enfin, toujours ce dimanche, lors de l’appel, un détenu a été découvert endormi et à proximité immédiate étaient posés un téléphone portable, un chargeur et 20 grammes de résine de cannabis.

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Ce lundi 23 février 2026, le syndicat Ufap-UNSa Justice de cette prison confirme ces informations et analyse que, « à l’issue de ce genre d’opération, les tensions sont souvent accrues au vu de la perte d’éléments de confort et d’éventuelles retombés financière des coups d’arrêt mis au trafic. L’Ufap- UNSa est intervenue, afin d’obtenir la présence d’encadrement nécessaire pour garantir la sécurité de tous. Et suite à cette opération, il nous a été confirmé que l’encadrement serait pleinement présent lors des mouvements collectifs, afin d’assurer un renforcement pour prévenir tout incident ».

« Nous exigeons de vrais moyens »

« L’UFAP UNSa Justice du CP VLM tient à saluer et remercier les agents pour leur engagementet leur professionnalisme, malgré des conditions de travail particulièrement dégradées que chacun constate au quotidien. Nous restons vigilants quant à la protection et à la sécurité des personnels et nous exigeons avec force des vrais moyens pour lutter contre les objets et produits illicites qui gangrènent notre établissement.Il est temps d’avoir des équipements et des effectifs à la hauteur des enjeux sécuritaires », préviennent Marine Orengo et Aadi Loudy, déléguée et déléguée adjointe de ce syndicat.

Elles ajoutent que « les découvertes effectuées lors de l’appel, c’est-à-dire à l’ouverture des portes le matin, à horaires fixes et identiques chaque jour sont particulièrement révélatrices. Elles illustrent non seulement la prolifération des objets prohibés, mais également leur banalisation au sein de la détention. Les détenus ne cherchent même plus à dissimuler ces objets. Nous voulons des moyens humains supplémentaires, des moyens  techniques adaptés comme des brouilleurs anti-drones et des brouilleurs de téléphones et des moyens juridiques, notamment le rétablissement des fouilles systématiques ». Tous les détenus en infraction vont être traduits devant une commission disciplinaire, tandis que des poursuites judiciaires vont être lancées par le parquet de Montpellier.

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