Lundi 23 février, les députés du Rassemblement national et de La France insoumise ont chacun déposé une motion de censure pour protester contre la stratégie énergétique du gouvernement publiée par décret, le 13 février.
De la mise en garde aux actes. Lundi 23 février, le Rassemblement national a déposé une motion de censure à l’Assemblée nationale afin de récuser le décret sur le Programme pluriannuel d’ici 2035 (PP3), publié par le gouvernement le 13 février dernier. Selon BFMTV, les députés RN dénoncent, sur le fond, « une politique décroissante qui accélère les énergies intermittentes, ment sur le nucléaire et fait peser un risque majeur sur les finances publiques » et un « acte illibéral contre le Parlement » sur la forme.
La présidente du groupe, Marine Le Pen, avait appelé les députés hostiles à cette stratégie énergétique à déposer une motion de censure, annonçant que le RN le ferait sinon. Avant la mise en vigueur du décret, la cheffe de file des députés RN avait dénoncé “une lourde faute du Premier ministre”, en cas de publication de la PPE.
Lundi 23 février, Mathilde Panot, présidente du groupe LFI à l’Assemblée nationale, a également annoncé que les Insoumis déposaient à leur tour une motion de censure contre le gouvernement Lecornu. « Il est inacceptable que de telles décisions qui engagent notre pays pour des décennies soient prises par décret, sans débat ni vote de l’assemblée », signait-elle, appelant les élus de l’ex-NFP à rejoindre ce vote.
Le PS ne votera pas la motion de censure
Sur le plateau de BFMTV, Jérôme Guedj annonçait que les Socialistes « ne voteront pas » ces censures, estimant que le programme du gouvernement n’est « pas infamant » : « Nous ne voterons pas la censure à la fois sur le fond et sur la forme, on a négocié avec ce gouvernement pour offrir un peu de stabilité au pays, pas pour avoir du chaos à tous les étages », a-t-il déclaré.
La Programmation pluriannuelle de l’énergie d’ici 2035 (PP3) prévoit la construction de six EPR2 à Penly (en Seine-Maritime), Gravelines (Nord) et au Bugey (Ain), ainsi qu’une étude de huit réacteurs supplémentaires et un renforcement de la puissance des réacteurs existants, dont la durée de vie sera prolongée au-delà de soixante ans. Le lancement d’un prototype de petit réacteur sera officialisé au début des années 2030.
Concernant les sources renouvelables, Sébastien Lecornu a promis des investissements “dans l’éolien en mer, le photovoltaïque, la géothermie” et l’éolien terrestre. L’augmentation de puissance des éoliennes existantes sera privilégiée « au lieu d’ajouter des mâts supplémentaires qui parfois effectivement posent des débats locaux”, avait affirmé la porte-parole du gouvernement Maud Bregeon.
publié le 23 février à 15h50, Sébastien Salpietro, Shad De Bary, 6Medias
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