Par Yvan
Jourdan –
Publié le 23 Fév 2026 à
15:05 – Modifié le 23 Fév 2026 à 15:05
Atteint d’un cancer métastatique,
Pepe Espino est déclaré apte au travail après 20 minutes
d’évaluation. La Sécurité sociale espagnole refuse sa pension.
Il pensait pouvoir consacrer le temps qu’il lui reste à se
soigner. Mais la réalité administrative en a décidé autrement. En
Espagne, Pepe Espino, atteint d’un
cancer de la prostate tout comme Charles III, de stade 4 avec
métastases, s’est vu refuser une pension d’invalidité par la
Sécurité sociale. Malgré une espérance de vie estimée à cinq ans au
moment du diagnostic, l’Institut catalan des évaluations médicales
l’a déclaré apte au travail après une consultation de vingt
minutes. Diagnostiqué il y a quatre ans, pris en charge à Barcelone
dans le cadre d’un essai clinique, il avait pourtant continué à
travailler pendant deux ans avant que les traitements ne l’épuisent
totalement. Après deux ans et demi d’arrêt maladie, la décision de
l’administration espagnole l’oblige aujourd’hui à envisager un
retour au travail, en dépit des avis médicaux.
Un
diagnostic lourd et une espérance de vie limitée
Il y a quatre ans, le verdict tombe : cancer de la prostate de
stade 4. La maladie s’est déjà propagée aux os, aux poumons et aux
tissus mous. Les médecins restent prudents et n’estiment son
espérance de vie qu’à cinq années. Malgré cela, Pepe Espino choisit
de poursuivre son activité professionnelle pendant deux ans. Il est
alors intégré à un essai clinique à Barcelone et suit un traitement
hormonal palliatif. Mais progressivement, les effets secondaires
s’accumulent.
Aujourd’hui, son quotidien est rythmé par une fatigue écrasante
et une « anxiété » permanente. Les thérapies provoquent des
fourmillements dans tout le corps et des douleurs articulaires
aiguës aux extrémités. Son état ne lui permet plus, selon ses
proches, de mobiliser l’énergie nécessaire à une activité
professionnelle.
Une évaluation
administrative de vingt minutes
Après deux ans et demi d’arrêt maladie, l’Institut catalan des
évaluations médicales, l’ICAM, le convoque pour une expertise. La
consultation dure vingt minutes. À l’issue de cet examen, le
verdict tombe : Pepe Espino est déclaré apte au travail.
Pour l’Institut espagnol de la
sécurité sociale, l’invalidité permanente et absolue n’est pas
reconnue, malgré les rapports détaillés des oncologues. La décision
surprend profondément le patient et le corps médical. Son
oncologue, fort de 35 ans d’expérience, affirme n’avoir jamais vu
une telle décision pour un cas d’une telle gravité.
Une
contestation engagée auprès de la Sécurité sociale
Face à cette situation, l’indignation gagne également son
avocat, Jaume Cortés. Celui-ci souligne, selon les colonnes de
L »Indépendant, l’absurdité
d’exiger d’un homme dans cet état de remplir des fonctions
demandant de l’énergie et des capacités physiques qu’il n’est plus
en mesure de mobiliser.
Dans ce contexte, une réclamation a été déposée auprès de la
Sécurité sociale espagnole. Le dossier est désormais de nouveau
entre les mains de l’ICAM pour réexamen. L’issue de cette nouvelle
procédure déterminera si Pepe Espino pourra bénéficier d’une
reconnaissance d’invalidité permanente ou devra effectivement
reprendre une activité professionnelle malgré la progression de la
maladie.