Du 18 au 22 février 2026, le Stade Nautique Florence Arthaud à Marseille a accueilli le renouveau du Championnat de France Élite de Voile Olympique. Pour la première fois depuis près de vingt ans, l’ensemble des séries olympiques s’est retrouvé sur un même plan d’eau, offrant une photographie complète de l’élite tricolore en ce début de nouvelle olympiade. Avec 121 athlètes engagés, l’événement a servi à la fois de championnat national et de véritable lancement de la saison internationale.

Au-delà de la conquête des titres, cette édition avait été pensée comme une grande revue d’effectif. Toutes les générations étaient réunies : figures établies de l’équipe de France, jeunes talents en quête de confirmation et nouveaux duos issus de recompositions post-Paris 2024. Les cellules de performance (météo, ingénierie, préparation mentale, diététique) ont pu travailler en conditions réelles, dans un cadre compétitif.

Les conditions météorologiques ont d’ailleurs donné le ton. Un mistral soutenu a balayé la rade dès l’ouverture. Seuls les windsurfeurs en iQFOiL ont pu s’élancer lors de la première journée, avant que des rafales dépassant 40 nœuds n’entraînent l’annulation des courses pour l’ensemble des séries. Les manches ont finalement repris samedi dans un vent encore soutenu, avant une dernière journée de finales disputée dans un tout autre registre, avec un régime très léger. Une alternance qui a mis à l’épreuve la capacité d’adaptation des équipages.

Franck Citeau, manager de la performance de l’Équipe de France, a salué la richesse sportive de la semaine : « Avoir du vent fort puis du petit temps sur un même championnat est précieux. Cela oblige à enchaîner, à ajuster les réglages et à rester lucide. Les hiérarchies ont parfois été bousculées, et c’est sain. La concurrence interne est forte et constructive. Nous sommes en pleine construction du projet 2028, avec l’ambition claire d’intégrer le top 3 mondial aux Jeux. »

IQFOiL : intensité et densité

En planche à voile à foil, Hélène Noesmoen (SN Sablais) s’impose chez les femmes devant Manon Pianazza et Marion Couturier. La championne souligne l’intérêt des conditions musclées : « Naviguer dans du vent soutenu pousse à l’engagement et permet de progresser techniquement. Les confrontations directes sont formatrices. »

Chez les hommes, Nicolas Goyard décroche un deuxième titre national devant Tom Arnoux et Louis Pignolet. Il met en avant la densité du groupe France : « On se tire vers le haut en permanence. Cette émulation est un atout majeur à l’international. »

Formula Kite : confrontation et polyvalence

En kitefoil, Lauriane Nolot confirme son statut en remportant le titre féminin devant Lysa Caval. Elle retient une semaine exigeante, marquée par un plan d’eau technique et un mistral bien établi : « C’était challengeant, mais révélateur des points à travailler. Naviguer avec les garçons est aussi très stimulant. »

Chez les hommes, Nell De Jaham s’impose face à Matheo Coguiec et Louis Garino. Double champion de France, il voit dans ce championnat une étape clé vers son objectif olympique : « Toute la saison est désormais tournée vers les grandes échéances internationales. »

ILCA : logique et régularité

En dériveur solitaire, Alexandre Kowalski conserve son titre en ILCA 7 devant Théo Peyre et son frère Martin Kowalski. Le podium reflète, selon lui, l’engagement hivernal du trio. En ILCA 6, Louise Cervera décroche un quatrième sacre consécutif. Elle a su composer avec une semaine dense, alternant journées physiques et finale en vent faible. « La variété des conditions rend le titre encore plus significatif. » confie-t-elle.

49er, 49er FX et 470 : nouvelles dynamiques

En 49er, Erwan Ficher et Clément Péquin prennent le dessus dans un championnat marqué par peu de manches validées. Le podium, composé d’équipages issus du même groupe d’entraînement, illustre la dynamique collective.

En 49er FX, Manon Peyre et Amélie Riou s’imposent à domicile. Malgré les annulations liées au vent, elles ont su saisir leur chance dans des conditions engagées. Leur objectif est désormais clair : monter en puissance avant le Mondial de mai.

En 470 mixte, Matisse Pacaud et Lucie de Gennes confirment leur régularité en remportant le titre devant Manon Pennaeac’h/Pierre Williot et Sarah Jannin/Iban Cornic. Les champions ont su performer dans des conditions opposées, gage de polyvalence.

Nacra 17 : maîtrise et cohésion

En catamaran à foil, Tim Mourniac et Aloïse Retornaz dominent la série Nacra 17 en remportant les trois manches disputées. La championne souligne l’importance du travail hivernal, notamment sur les départs, et la satisfaction de décrocher un titre national dans un contexte exigeant.

Au-delà des podiums, cette première édition marseillaise du Championnat de France Élite marque un signal fort : la voile olympique française aborde la nouvelle olympiade avec profondeur et ambition. La diversité des conditions rencontrées et la densité du plateau ont offert un terrain d’expression complet aux athlètes.

Marseille, forte de son héritage olympique récent, s’impose ainsi comme un centre névralgique de la performance tricolore. À quelques semaines des premières grandes régates internationales, le cap est fixé : consolider la dynamique collective et transformer cette concurrence interne en levier de réussite mondiale.