Parmi les nouveautés, un rendez-vous avec un conseiller France Rénov’ sera désormais obligatoire avant le dépôt de demande d’aide pour les projets de rénovation d’ampleur.

Publié le 23/02/2026 15:03

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Le dispositif MaPrimeRénov' connaît quelques évolutions en 2026. (JEAN-MARC BARRERE / HANS LUCAS / AFP)

Le dispositif MaPrimeRénov’ connaît quelques évolutions en 2026. (JEAN-MARC BARRERE / HANS LUCAS / AFP)

MaPrimeRénov’ reprend du service. Suspendu début janvier, faute de budget 2026, ce dispositif d’aides à la rénovation énergétique a redémarré lundi 23 février, à midi, grâce à la promulgation du budget de l’Etat, vendredi. Sous certaines conditions, plus strictes qu’au démarrage, les ménages pourront à nouveau bénéficier de l’aide financière versée par l’Agence nationale de l’habitat (Anah) pour la réalisation de travaux dans leur logement. Franceinfo fait le point sur ce qui change avec la réouverture du guichet.

Un rendez-vous personnalisé obligatoire pour les rénovations d’ampleur

Les ménages qui souhaitent effectuer une rénovation énergétique globale de leur logement doivent désormais obligatoirement prendre « un rendez-vous personnalisé avec un conseiller France Rénov’ (…) avant le dépôt d’une demande d’aide », rappelle le site Service public. Ce rendez-vous gratuit vient compléter le suivi des accompagnateurs Rénov’, indispensable depuis 2024 pour toute demande de subvention de rénovation d’ampleur.

Ce temps d’échange est censé permettre « au ménage de présenter son projet, de vérifier son éligibilité aux aides et d’être orienté vers les acteurs de qualité du territoire », est-il précisé sur le site de l’Anah. Une fois le rendez-vous effectué, le ménage dispose d’une attestation qui sera jointe au dossier de demande d’aide MaPrimeRénov’, précise l’agence gouvernementale. L’objectif : lutter contre les nombreuses fraudes détectées par l’Etat. En 2025, 5 000 cas avérés de fraude ont été repérés parmi les demandes d’aides pour des rénovations globales.

Tous les ménages de nouveau éligibles, mais des plafonds revus à la baisse

En raison de ces nombreuses fraudes et d’un trop grand nombre de demandes, le dispositif pour les rénovations globales avait déjà été suspendu durant l’été 2025. Rouvert en septembre, le guichet était uniquement destiné aux ménages très modestes, aux revenus inférieurs à 1 200 euros par mois pour une personne seule et à moins de 1 800 euros pour un couple sans enfant. A partir de lundi, tous les ménages sont de nouveau éligibles.

Les barèmes d’aides restent, eux, identiques à ceux mis en place en septembre. Jusqu’à l’été 2025, le plafond du coût des travaux était fixé à 70 000 euros. Il s’établit aujourd’hui, comme en septembre, entre 30 000 et 40 000 euros, en fonction de la performance énergétique permise par la rénovation. Une baisse importante au vu du prix de ce type de chantiers, qui s’élève à 60 000 euros en moyenne.

Ainsi, les ménages aux revenus très modestes peuvent prétendre à 32 000 euros d’aides au maximum. Ceux aux revenus modestes peuvent obtenir jusqu’à 24 000 euros, les revenus intermédiaires jusqu’à 18 000 euros et les revenus supérieurs jusqu’à 4 000 euros.

« Les plafonds revus à la baisse pour l’ensemble des particuliers, y compris les plus modestes, ne permettront pas de relancer la dynamique de rénovation énergétique en France », déplore le réseau Cler, une association qui rassemble près de 300 structures engagées dans la mise en œuvre de la transition énergétique. L’association craint en effet que « le montant actuel des aides ne permet[te] pas aux personnes aux revenus modestes et intermédiaires de mener une rénovation énergétique globale de leur logement. Pourtant, elles occupent majoritairement des logements énergivores, mal isolés, froids l’hiver et chauds l’été. »

Les logements les plus énergivores seuls concernés

Ouvertes auparavant à tous les logements, les aides MaPrimeRénov’ pour une rénovation d’ampleur ont été resserrées en septembre sur les passoires énergétiques, soit les logements dont le diagnostic de performance énergétique (DPE) est classé E, F ou G. La règle reste la même avec la réouverture du guichet. Supprimé en septembre, le « bonus sortie de passoire », qui offrait une prise en charge supplémentaire de 10% du montant des travaux pour les logements notés F ou G, n’a pas été rétabli.

Certaines aides aux rénovations « par geste » supprimées

Deux types de rénovation « par geste » ne bénéficient plus d’aides : l’isolation des murs et l’installation de chaudières biomasse. Ces travaux restent cependant financés dans le cadre de rénovations d’ampleur. Les aides pour les travaux ciblés concernent les revenus très modestes, modestes et intermédiaires, ce qui était déjà le cas auparavant. Les travaux qui restent finançables en dehors d’une rénovation globale sont ceux d’isolation (hors murs), de chauffage ou de chauffe-eau, de ventilation et les audits énergétiques, détaille l’Anah.

Un allongement des délais de réponse

En raison de l’interruption de MaPrimeRénov’ et du retard pris dans les octrois de subventions, les délais moyens de réponse vont encore s’allonger, prévient l’Anah. Il va donc falloir s’armer de patience, car les délais sont déjà supérieurs à six mois pour les rénovations d’ampleur et à trois mois pour les rénovations constituées d’un unique geste de travaux.