Le coureur de 19 ans a franchi une nouvelle étape dans son développement la semaine passée et est déjà au niveau des meilleurs coureurs du peloton.
Publié le 23/02/2026 17:39
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Paul Seixas (à droite) devance l’Espagnol Juan Ayuso sur la deuxième étape du Tour d’Algarve, jeudi 19 février 2026. (JOAO MATOS / AFP)
Sa rentrée était attendue et il n’a pas déçu. Paul Seixas n’aura mis que deux jours pour remporter la première victoire de sa saison, et même de sa carrière. Sur le Tour d’Algarve, il a réussi à prendre le meilleur sur l’Espagnol Juan Ayuso et le Britannique Oscar Onley dans un effort de puncheur, et n’est passé qu’à 14 secondes d’un sacre au classement général, dimanche 22 février. « Je souhaitais lever les bras le plus tôt possible. L’objectif est rempli. Pouvoir faire un podium au général c’était l’objectif de l’équipe », a apprécié au micro de RMC Sport le coureur français de 19 ans dont l’ascension suit une trajectoire parfaitement linéaire.
Lancé chez les professionnels il y a pile un an, le Lyonnais a évité l’écueil de la précipitation. Après avoir offert ce qui aurait été sa première victoire à son coéquipier Nicolas Prodhomme sur le Tour des Alpes en avril, il avait ensuite décroché un Top 10 au classement général du Critérium du Dauphiné, remporté le Tour de l’Avenir puis franchi un cap à l’automne en prenant la troisième place des championnats d’Europe. Son début d’année 2026 est un pas de plus en avant.
« J’ai travaillé pour ça tout l’hiver. Pendant le stage en Sierra Nevada [cet hiver], j’ai su que j’avais encore progressé. Je suis plus reconnu dans le peloton. Il y a plus de respect. J’ai un meilleur statut, mais ça reste compliqué de se faire sa place dans le final », a développé l’intéressé dans Bartoli Time, évoquant une « bonne semaine d’apprentissage ». Paul Seixas est devenu le deuxième plus jeune vainqueur d’une étape de ce niveau au 21e siècle derrière Remco Evenepoel. En plus de battre le temps d’ascension de l’Alto do Malhão établi par Alberto Contador en 2016, il a impressionné dans l’exercice du contre-la-montre, prenant la quatrième place à Vilamoura.
🤯 MAIS T’ES TELLEMENT GRAND PAUL !
Paul Seixas s’offre sa 1e victoire professionnelle devant Juan Ayuso, au sommet de l’Alto da Foia pic.twitter.com/g97uGBiTdx
— Eurosport France (@Eurosport_FR) February 19, 2026
« J’avais pris un peu de poids cet hiver, et je pense que c’est du muscle parce que je vois que mes données de puissance ont augmenté, je me sens plus fort qu’avant », a-t-il rapporté dans les colonnes de L’Equipe. Un seul autre grimpeur l’a devancé, le vainqueur final Juan Ayuso, qui est lui-même convaincu de voir le Français « devenir l’un des plus grands ». « C’est une vraie performance. Même s’il a été champion du monde juniors [de la discipline] et que Bruno Armirail et Kévin Vauquelin évoluent à un haut niveau, en France nous n’avons pas l’habitude d’être aussi haut dans le classement avec des temps aussi réduits sur un Filippo Ganna », appuie notre consultant Lilian Calmejane.
« Son vélo a fait de nets progrès, il a un nouveau casque adapté et sa position est meilleure. Pour un gamin de 19 ans, il est déjà robotisé. Les gains marginaux sont optimisés. Ce qu’il fait déjà actuellement et ce qu’il laisse entrevoir pour très prochainement, c’est stratosphérique. »
Lilian Calmejane, consultant cyclisme
à franceinfo: sport
D’après l’ancien vainqueur d’étapes sur le Tour de France et la Vuelta, « rivaliser pour la victoire finale n’était pas écrit d’avance » face à des concurrents « plus qualitatifs » que ceux alignés sur l’UAE Tour, épreuve pourtant World Tour. « Ce n’était pas un Ayuso en préparation. Il venait pour marquer les esprits et gagner la confiance de ses nouveaux coéquipiers. Seixas s’est également frotté à l’armada Ineos qui sortait de son stage sur le volcan Teide avec un Kévin Vauquelin et un Thymen Arensman tout frais. Joao Almeida n’était pas non plus très loin d’être à 100% », relève Lilian Calmejane.
Après ce premier test plus que réussi, Paul Seixas est attendu au départ de l’Ardèche Classic le 28 février. Puis, il prendra la direction de l’Italie pour les Strade Bianche le 7 mars. Mais son prochain gros révélateur sera le Tour du Pays basque, le 6 avril, où il postule pour une victoire au classement général. « Ce sera le meilleur des tests. C’est une course par étapes d’une semaine qui ne frotte pas tant que ça parce que les bosses s’enchaînent et tu es très vite à ta place. Il y a un contre-la-montre et c’est une bonne chose pour lui », analyse Lilian Calmejane.

La présentation de l’équipe Décathlon a eu lieu à Villeneuve-d’Ascq, et une question était sur toutes les lèvres, Paul Seixas participera-t-il au prochain Tour de France ?
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Puis viendront les classiques ardennaises, dont la Flèche wallonne et Liège-Bastogne-Liège. La suite du programme de Paul Seixas n’a pas encore été dévoilée par l’ambitieuse formation Decathlon-CMA CGM. A chaque interview, le Français n’échappe pas à la traditionnelle question sur sa possible participation au Tour de France. « Je ne sais pas encore ce qu’il en sera. 2026, 2027, on verra… », a-t-il répondu à Franceinfo: sport la semaine passée.
Pour Lilian Calmejane, la présence du Français au Grand Départ à Barcelone ne fait presque aucun doute : « Vu le cheminement que prend sa saison et sa maturité, je pense qu’il sera au départ du Tour de France. Les deux sponsors de l’équipe sont Français et elle a beaucoup investi. Olav Kooij est incertain, Tiesj Benoot sera aussi indisponible longtemps. Felix Gall doublera Giro et Vuelta et ne sera pas là. Matthew Riccitello ne sait pas frotter, il ne fera pas Top 10. Decathlon-CMA CGM aura besoin d’envoyer de gros coureurs sur le Tour. S’il est bien préparé, il peut déjà viser le podium. Pas de raison de s’en priver ».