Interrogée à huis clos par la commission d’enquête parlementaire sur le sujet, la ministre a enterré cette mission confiée à Philippe Jost et jamais vraiment lancée.
Rachida Dati a acté lundi, lors de son audition à huis clos à l’Assemblée, l’abandon de la mission de réorganisation du Louvre qu’elle avait annoncée fin décembre mais qui n’avait jamais commencé ses travaux. Mi-décembre, la ministre de la Culture avait annoncé avoir confié à Philippe Jost, superviseur du chantier de restauration de Notre-Dame, une mission visant à « réorganiser en profondeur » le musée, dans la tourmente depuis le cambriolage du 19 octobre. Cette mission auprès de la direction du Louvre devait débuter en janvier et dévoiler de premières recommandations fin février mais ce calendrier n’avait pas été tenu.
Mi-janvier, l’entourage de Rachida Dati avait évoqué un simple « décalage » lié au mouvement des personnels du Louvre engagé depuis la mi-décembre, alors qu’une source proche du dossier assurait au Figaro que la mission avait été annulée.
Entendue lundi par la commission d’enquête sur la sécurité des musées, Rachida Dati a annoncé l’abandon de cette mission, ont indiqué à l’AFP son président Alexandre Portier (LR) et Alexis Corbière (ex-LFI).
Grève, « problème de gouvernance », mission de Jost annulée… Le Louvre s’enlise dans la crise
Des réformes encore inconnues
« Ça a été abandonné parce que la réflexion sur la réorganisation du Louvre a avancé indépendamment de cette mission », a détaillé Alexandre Portier, selon qui la gouvernance du musée fait l’objet d’une « réorganisation en cours ». Interrogé sur ses modalités, le député a renvoyé à d’éventuelles annonces gouvernementales.
Selon Alexis Corbière, la ministre a justifié l’abandon de la mission par le conflit social toujours en cours au Louvre même si, selon lui, « on ne voit pas trop le lien entre les deux ». Contacté par l’AFP, l’entourage de la ministre n’a pas réagi dans l’immédiat.
Selon les deux députés, la ministre, en partance du gouvernement pour briguer la mairie de Paris, a par ailleurs indiqué lors de son audition que « 17 mesures » avaient été prises pour réformer la gouvernance du Louvre. L’AFP n’a pas été en mesure d’en connaître le détail dans l’immédiat.