Je te donne mon numéro. Tu peux m’appeler les jours suivants. Alex Goltais et Arnaud Vanhoucke ne se connaissaient pas il y a encore quelques heures. Ils s’affairent pourtant, lundi 23 février 2026, balais et serpillières en main, pour nettoyer le logement loué par Arnaud à Pont-Réan, à cheval sur les communes de Guichen et de Bruz.
Alors que la décrue poursuit son cours, l’eau est montée jusqu’à 31 cm, détaille le locataire de cette maison qui borde la Vilaine, en pointant la trace brunâtre laissée sur les murs blancs.

Arnaud Vanhoucke, sur la terrasse de la maison qu’il loue, au bord de la Vilaine, à Pont-Réan. Ouest-France
« Cette solidarité, ça fait plaisir »
Alex Goltais, 20 ans, a vu l’appel à bénévoles lancé sur les réseaux sociaux. Il n’a pas hésité. J’avais du temps libre, donc je me suis inscrit, témoigne l’étudiant.
Le dispositif a été mis en place par la mairie de Guichen après les inondations de janvier 2025. Plus de 150 bénévoles s’étaient alors mobilisés pour nous aider, raconte Dominique Delamarre, le maire. Cette année, ils étaient environ cinquante, dès dimanche matin.
Une aide précieuse pour Arnaud Vanhoucke. Cette solidarité, ça fait plaisir. D’autant que ça prend du temps de tout nettoyer. Niveau mobilier, tout est sauvé ici. Mais on appréhende la quantité de travaux qu’il faudra refaire… Ça se gère, mais c’est un peu lassant.

Les meubles jetés par les habitants après la montée des eaux. Ouest-France
Environ 15 000 € de travaux
Il faut arrêter de remettre du placo, glisse Nicolas, qui passe le nettoyeur haute pression, quelques rues plus loin. Ses fenêtres donnent directement sur le fleuve. Le secret, selon lui : des logements en béton cellulaire, avec une isolation polyuréthane, mais aussi du carrelage à double pente, des trappes d’évacuation…
C’est ce que j’ai fait ici. Résultat, presque aucun dégât. À l’intérieur de sa maison, en effet : aucune trace ou presque du passage de l’eau.

Dans son domicile, Nicolas avait surélevé le maximum de meubles, dès le début de semaine. Ouest-France
En 2025, il en avait eu pour environ 15 000 € de travaux. Cette année, je ne suis même pas sûr de faire marcher l’assurance, sauf peut-être pour la cuisine.
Gorgée d’eau sur plus de 60 cm cette année, elle avait été refaite il y a seulement dix mois. Pas de quoi le décourager toutefois. C’est quand même joli. L’été, au bord de l’eau, c’est un endroit incroyable.