Par
Hugo Raynaud
Publié le
23 févr. 2026 à 20h10
Le bras de fer entre plusieurs collectifs et l’État, concernant une nouvelle usine de fabrication de Paracétamol au sud du périphérique sur l’île d’Empalot, sera finalement tranché par le tribunal administratif de Toulouse. Le projet controversé, situé à seulement 800 mètres de l’ancien site d’AZF, avait reçu le feu vert du gouvernement à travers un arrêté ministériel le 17 octobre dernier.
Le ministère de la Transition écologique avait autorisé la société française Ipsophène à s’installer dans un bâtiment pharmaceutique désaffecté d’ArianeGroup. L’objectif ? Créer une plateforme industrielle regroupant cette nouvelle usine et les activités Seveso (établissement industriel qui présente des risques d’incidents majeurs liés à des substances dangereuses, NDLR) déjà existantes d’ArianeGroup.
Les opposants y voient une « opportunité »
Une décision qui avait provoqué une levée de boucliers de quatre comités de quartiers, ainsi que du Collectif Stop Nouveau Seveso. Ces derniers avaient alors déposé un recours auprès du Conseil d’État pour empêcher la construction de cette nouvelle usine.
La plus haute juridiction administrative française a fait le choix le 6 février de renvoyer la balle au tribunal administratif de Toulouse. Une décision qui satisfait le collectif, expliquant dans un communiqué y voir une « opportunité » pour réussir à empêcher le lancement des travaux. Ce dernier rappelle que le site se situe « à quatre kilomètres de la place du Capitole, au cœur de la zone Natura 2000 de la Garonne, en limite du poumon vert de l’île du Ramier ».
Vidéos : en ce moment sur ActuUn problème d’emplacement pour les collectifs
En janvier 2025, Jérôme Favrel, président du Comité de quartier Croix-de-Pierre/Route d’Espagne, affirmait déjà à Actu Toulouse que « si elle est classée Seveso ce n’est pas pour rien, c’est qu’elle est dangereuse. Alors non, nous ne sommes pas contre cette usine, mais contre son emplacement. »
Une revendication répétée dans leur dernier communiqué de presse commun. Ils y dénoncent également « les gages » donnés par la mairie de Toulouse, qui envisagent « d’investir au moins 4 millions d’euros, pour la mise à double sens du chemin de la loge, compatible avec le flux annuel de plus de 2000 camions de TMD (Transport de Matières Dangereuses). »
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« Nous leur avons prouvé qu’il n’y aurait pas de risque sanitaire »
Jean Boher, le PDG d’Ipsophène, c’était par le passé dit « surprit vis-à-vis de ces personnes, avec qui nous avons déjà échangé plusieurs fois sur cette future usine. Nous leur avons prouvé qu’il n’y aurait pas de risque sanitaire pour la ville ou pour la nature, grâce à de nombreuses études menées en amont. Et puis, si notre projet a été accepté, ce n’est pas sans raison. »
Le directeur avait également assuré qu’Ipsophene « aura une activité industrielle avec très peu de rejets. La majeure partie d’entre eux sera revalorisée en sous-produit, une autre partie sera recyclée et une dernière entièrement retraitée. »
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Depuis un an, la situation a cependant beaucoup évolué pour l’entreprise Ipsophène. Cette dernière a été placée en redressement judiciaire en novembre 2025. La société française s’est voulue rassurante en affirmant que le projet pourrait tout de même être poursuivi en cas de liquidation.
Les collectifs d’opposants réclament de « la clarté » à ce sujet et demandent des informations supplémentaires « sur l’utilisation, aujourd’hui, des subventions dont elle a bénéficié », tout en réclamant que « toute aide à cette société soit conditionnée au choix d’un autre site, loin des habitations ».
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