Fidèle à son créneau, du 2 au 8 mars, le festival La Première Fois met en avant les premiers documentaires de jeunes réalisateurs. Pour cette 17e édition, Jean-Baptiste Alazard en est l’invité d’honneur. « C’est un cinéaste qu’on aime beaucoup. Ses documentaires ont une forme un peu éclatée avec beaucoup de lumières, de couleurs et des sons dissonants. Il filme la ruralité comme une forme d’utopie, un lieu qui rend plus supportable le quotidien ou habitable le vivant », précisent d’une même voix Clémence Guillin et Bastien Michel coordinateur du festival.

Le dernier documentaire de Jean-Baptiste Alazard Festa Major sera projeté lors de la soirée d’ouverture, le mardi 3 mars au cinéma Les Variétés. Cette œuvre d’un peu plus d’1h30 raconte le lâcher-prise collectif d’un petit village des Pyrénées, lors des premiers jours de septembre, date à laquelle se déroule la Festa Major, une fête autour de la mort. Un échange avec Jean-Baptiste Alazard aura lieu après la projection. Le lendemain, au cinéma La Baleine, le documentariste donnera une masterclass de 14h à 17h avant la diffusion de L’âge d’or, filmé sous les falaises des Corbières, sa région natale.

Au total, 15 premiers documentaires ont été sélectionnés. En les énonçant, Clémence Guillin et Bastien Michel les regroupent involontairement en trois catégories (bien que certains soient transversaux à plusieurs thèmes). Ceux qui abordent la santé mentale : Et toi ? d’Olivier Praet, mêlant la chronique de la schizophrénie de son frère et leurs liens fraternels ; Les eaux troubles d’Amandine Bailly, entre lacs et forêts, elle filme la difficile insertion dans la société de jeunes adultes avec des fragilités psychiques et Je ne suis qu’un corps de Lael Morin, qui aborde l’inceste entre flashback et résilience.

D’autres films traitent des liens familiaux : Pour se revoir de Thomas Damas, mettant en avant la justice belge qui organise des rencontres entre des enfants et un parent qui n’en a plus la garde dans le cadre de conflits familiaux ; Mémoires croisées de Shayma’Awawdeh, où pendant la Seconde Intifada en Palestine, la mort rythme le quotidien des habitants d’Hébron et les images du passé ressurgissent à travers des souvenirs d’enfance et La vie de Hawa de Najibi Noori en Afghanistan, où, quarante ans après son mariage arrangé, Hawa commence à mener une vie indépendante. C’était sans compter sur le retour des talibans au pouvoir.

Œuvre participative

Enfin, des œuvres évoquent les conflits géopolitiques : The violence is always happening somewhere else de Clarissa Ruth Natan, se basant sur son expérience personnelle d’étudiante indonésienne en France, la réalisatrice aborde la question politique du commerce de déchets entre les pays occidentaux et l’Indonésie ; Paristanbul de K Ying Wong qui filme une Hongkongaise faisant escale à Istanbul, ville carrefour de l’Europe et l’Asie et De plomb et de chaleur de Thomas Uzan racontant l’est du Maroc où dans les mines désaffectées du protectorat français, des hommes continuent de creuser des galeries abandonnées à la recherche des minerais épuisés et de leurs rêves disparus.

Le dimanche 8 mars, au Vidéodrome du Cours Julien aura lieu la diffusion de Parlez-moi d’un feu à 18h. « Une création sonore collective, pensée et montée » par Chloé Dréan et l’équipe du festival. En amont du festival elle a récolté des bandes sonores inspirées par l’affiche du festival, sur la thématique du feu, envoyées par qui le voulait. Certains d’entre eux ont été utilisés pour cette création.

Du 2 au 8 mars. Entre 0 et 10€ au Vidéodrome, La Baleine, Les Variétés et la bibliothèque l’Alcazar. Programme complet sur www.festival-lapremierefois.org/