Plus que jamais, Jean-Luc Mélenchon apparaît comme la personnalité politique française la plus détestée. Après l’affaire Quentin Deranque, le chef de La France insoumise recule encore dans le palmarès mensuel Odoxa-presse régionale-Public Sénat (*). Il apparaît désormais en 18e position, avec seulement 13 % de Français disant ressentir du soutien ou de la sympathie à son égard. La chute est particulièrement rude auprès des sympathisants de gauche. Jean-Luc Mélenchon recule de quatre points auprès de cet électorat. Il se situe désormais six points derrière son rival de la gauche de la gauche, François Ruffin.

Inversement, le chef de La France insoumise explose son propre record dans le palmarès du rejet. 71 % des Français (en hausse de deux points) disent ressentir avant tout ce sentiment à son égard. « C’est 13 points de plus que le deuxième, Emmanuel Macron, et 22 points de plus que Marine Le Pen (49 %), qui fut pendant longtemps la numéro un de ce palmarès du rejet », observe Gaël Sliman, président d’Odoxa. Pas une surprise, selon lui : « Dans notre sondage publié dans le Figaro le 20 février dernier, les Français étaient une large majorité à désapprouver le positionnement de Jean-Luc Mélenchon sur l’affaire Quentin Deranque. 56 % jugeaient qu’il n’avait pas réagi comme il le fallait, contre 11 % qui pensaient le contraire (33 % ne se prononçaient pas) », rappelle Gaël Sliman.

Un cap net dans sa relation avec le public

Pour Jean-Luc Mélenchon, cet événement marque un cap net dans la dégradation de sa relation avec le public, observe l’institut Mascaret, partenaire d’Odoxa pour l’observation des réseaux sociaux. « Si son taux d’opinion sur les réseaux sociaux est structurellement négatif – comme pour l’ensemble de la classe politique – avec une moyenne de -77 %, cette tendance délétère s’est encore aggravée ces derniers jours pour atteindre -88 % », observent les analystes Yves Censi et Laure Pallez.

Après l’homicide de Quentin Deranque à Lyon, le débat public s’est cristallisé autour de La France insoumise : 25 % des discussions relatives à sa mort mentionnent directement le mouvement, soit cinq fois plus que le Rassemblement national. « Deux jours seulement après le décès, le sujet constitue déjà le pic d’impact annuel pour LFI, avec 1,3 million de mentions sur les sept derniers jours. Ce volume, trois fois plus important que leurs précédents pics, représente un massif 10 % de leur présence globale sur les 13 derniers mois », notent les analystes de Mascaret.

(*) Sondage réalisé du 18 au 19 février 2026, auprès d’un échantillon représentatif de 1 005 Français.