Entre indépendance précaire et CDI en
flotte sous-payé, les chauffeurs VTC manquent d’options. Une
coopérative française leur ouvre une voie inattendue vers plus de
sécurité.

Être chauffeur VTC, c’est souvent jongler entre des horaires à
rallonge, des revenus qui varient d’un mois sur l’autre et une
paperasse qui ne cesse de s’alourdir. Tout cela, généralement, sans
la sécurité d’un contrat de travail classique, ni fiche de paie
pour rassurer un banquier ou un bailleur. Beaucoup se demandent
s’il est encore possible d’obtenir un CDI de chauffeur
VTC
sans renoncer à la liberté qui fait tout l’intérêt du
métier.

Dans un secteur où la grande majorité des chauffeurs travaillent
en indépendant, sans véritable filet social et avec une fraude
sociale estimée à plusieurs dizaines de millions d’euros par an,
une structure commence à faire parler d’elle. Elle promet un
CDI pour chauffeurs VTC, avec protection sociale
complète, tout en laissant chacun libre de choisir ses plateformes
et ses horaires. Une promesse qui intrigue de plus en plus de
professionnels.

INCOM, une coopérative qui propose un CDI aux chauffeurs
VTC

Derrière cette offre, on trouve INCOM, une coopérative d’activité et d’emploi entièrement
dédiée aux chauffeurs VTC. Son modèle est né d’années de travail
aux côtés d’une communauté de plus de 15 000 chauffeurs, partis
d’un constat simple : la flexibilité du métier est bien réelle,
mais l’absence de cadre social stable fragilise les parcours. « Les
chauffeurs ne demandent pas un modèle rigide. Ils demandent un
cadre lisible, protecteur, et compatible avec la liberté
d’organisation qui fait le quotidien du métier », déclare Dany El
Oubari, co-fondateur d’INCOM.

Concrètement, le chauffeur rejoint INCOM sous statut
d’entrepreneur-salarié en CDI
, au sein de la coopérative.
Il reste libre de choisir ses plateformes VTC, de fixer
ses horaires, d’organiser son activité et de piloter ses objectifs.
En parallèle, il bénéficie d’un contrat de travail, d’un bulletin
de paie et d’une protection sociale complète : assurance maladie,
retraite, prévoyance, mutuelle, droits au chômage et congés payés.
« Le statut d’entrepreneur-salarié permet de structurer l’activité
sans imposer de subordination opérationnelle. C’est précisément ce
qui le rend adapté au VTC », ajoute Victor Feuillat, co-fondateur
d’INCOM.

Ce que le CDI d’entrepreneur-salarié change pour un chauffeur
VTC

INCOM prend en charge la gestion administrative, la paie, les
cotisations et la conformité. Le chauffeur VTC n’a plus à se
débattre avec ses déclarations sociales et fiscales, ni à suivre en
détail l’évolution des règles. Selon les données communiquées par
INCOM, les chauffeurs conservent entre 70 % et 80 % de leur chiffre
d’affaires, intégralement déclaré, avec une progression moyenne du
revenu mensuel d’environ 500 euros par chauffeur, comparée à leur
ancien statut. Un détail qui compte dans un secteur où les
contrôles et le recouvrement se renforcent et où la transparence
devient incontournable.

L’autre changement majeur, c’est l’accès à une fiche de paie et
à un cadre opposable. Pour un chauffeur VTC, pouvoir présenter un
CDI et des bulletins de salaire facilite l’accès au logement, au
crédit ou à certaines démarches administratives, tout en restant
dans la logique de revenus liés à l’activité. INCOM accompagne déjà
plus de 1 000 chauffeurs et vise 3 500 chauffeurs actifs en CDI
d’entrepreneur-salarié d’ici fin 2026. Le tout dans un cadre
juridique existant, celui des coopératives d’activité et d’emploi,
et en phase avec la directive (UE) 2024/2831 relative au travail
via plateforme, qui renforce les exigences de protection et de
transparence pour ce type d’activité. Aucune précision n »est donnée
à ce sujet sur les démarches concrètes pour rejoindre la
coopérative.