D’un côté, il y a les fondateurs de 909, marque stéphanoise qui fabrique des vêtements et des accessoires à partir de toiles de tente. De l’autre, la fondatrice de la marque Ptitcul, qui crée des coussins outdoor et accessoires à partir de matériaux revalorisés. Ensemble, ils annoncent le lancement de MFS, Manufacture française de surcyclage, qui vise à mettre leur savoir-faire au service de l’upcycling de supports publicitaires.

De nombreux objets sont réalisables comme des housses d’ordinateur, ou des lunchbags. ©JT/ If Saint-Etienne

« Il y a énormément de déchets textiles autour de nous, dont la PLV qui est changée régulièrement, pointe Romain Coll, co-fondateur de la marque stéphanoise 909. Cela génère de grosses quantités de déchets qui sont difficiles à recycler ». La PLV, comprendre « publicité sur le lieu de vente », ce sont des bâches, kakémonos, roll-up, utilisés par les entreprises comme outil de communication.

Malheureusement, ces objets peuvent vite devenir obsolètes après la tenue d’un salon, d’un chantier, ou encore à la suite d’un changement d’identité visuelle. Selon une enquête Iconomedia publiée en 2023, la PLV génère à elle seule 100 000 tonnes de déchets chaque année en France. C’est en partant de ce constat que Romain Coll et Léo Moja, fondateurs de la marque 909, qui transforme des toiles de tente en vêtements et accessoires, annoncent leur association avec Cécile Bayard, fondatrice de Ptitcul, qui crée des coussins outdoor et accessoires à partir de matériaux revalorisés. Ensemble, ils lancent MFS, Manufacture française de surcyclage, pour recycler la PLV des entreprises en objets à destination de leurs salariés ou de leurs clients.

Donner une nouvelle vie

Une alliance évidente pour les trois entrepreneurs. « On avait envie d’aller au plus proche des entreprises du territoire, détaille Léo Moja. Ce constat était partagé et nous avons des savoir-faire qui sont pertinents pour être en mesure de revaloriser ces matières pour qu’elles ne soient pas gaspillées, mais soient utilisées le plus longtemps possible ». Et leurs profils sont complémentaires. 909 a vu le jour en 2022 et possède déjà un atelier de fabrication à Saint-Etienne avec des machines capables de travailler ces toiles épaisses. De son côté Cécile Bayard a la fibre pour aller à la recherche d’entreprises qui souhaitent se saisir du sujet et devenir clientes.

MFS en compte déjà deux avant même son lancement officiel et les possibilités sont nombreuses avec des sociétés labellisées qui seront à terme obligées de revaloriser ces déchets. L’idéal pour elle, serait que la solution soit proposée en amont. « Il faudrait l’intégrer directement au coût du devis de production de la bâche ou du kakémono et dire : vous allez payer un peu plus cher, mais ensuite, une fois l’événement terminé, vous repartez avec tant de glacières, de bananes, de housses d’ordinateur ».

Made in Loire

D’autant que ces matières, souvent imperméables, sont particulièrement adaptées à ce type de réalisations. Au niveau de l’objet, tout est réalisable, avec un minimum de commande de dix pièces. Ensuite, MFS s’appuie sur les ateliers et salariés de 909 pour la réalisation. L’objectif des trois associés est de pouvoir surcycler entre 1 000 et 3 000 pièces dans les six prochains mois. Pour une housse d’ordinateur, il faut compter 30 euros pièce, avec des tarifs dégressifs et évolutifs selon la quantité, le degré de personnalisation, pour une pièce 100 % made in Loire. « C’est une force d’être dans ce bassin industriel stéphanois parce que dans toute activité il y a des rebuts que ce soient des fins de série, de surstock, des défauts, pour pouvoir récupérer tout ce qui vient en plus de la toile, comme les boutons pression, les sangles ». Qui c’est les plus forts ?