Un étudiant strasbourgeois sur trois est en situation de mal logement. C’est l’un des enseignements qu’ont tiré la Fage et son antenne alsacienne l’Afges d’une enquête menée du 5 janvier au 5 février dernier. Cette réalité se traduit par la présence « de moisissures, de nuisibles, de dégâts des eaux ou de composants dangereux », selon le syndicat étudiant.

« Se loger ou se priver »

D’après les 861 réponses collectées en Alsace, l’accès au logement est aujourd’hui l’un des principaux facteurs de précarité étudiante. Le syndicat dénonce un « sous-financement étatique du réseau des Crous » qui oblige la majorité des étudiants à se loger dans le parc privé où les loyers sont en moyenne supérieurs de 200 euros.

Le loyer moyen, logements Crous compris, s’établit d’après cette enquête à 527 euros pour les étudiants strasbourgeois, soit en moyenne 43,5 % de leur budget, indique l’Afges qui pointe une « situation alarmante » contraignant certains à l’arbitrage suivant : « se loger ou se priver ».

Une inégalité des chances

Le syndicat étudiant pointe plus largement l’inégalité des chances inhérente à ce constat. Pour subvenir à leurs besoins, deux étudiants sur cinq travaillent en parallèle de leurs études alors que « le salariat subi est le premier facteur d’échec académique », et 16 % des étudiants mettent plus de 40 minutes pour aller en cours, contraints de se loger à distance de leur lieu d’études. Dans son dernier observatoire local des loyers, l’Agence d’urbanisme de Strasbourg Rhin supérieur (Adeus) pointait la tension sur le marché de l’habitat au centre-ville de Strasbourg, « renforcé par la typologie du parc locatif caractérisé par une forte concentration de petits logements dont les loyers au mètre carré sont structurellement plus élevés ».

À la veille des élections municipales, le syndicat étudiant martèle une série de revendications parmi lesquelles « la construction de 12 000 logements Crous d’ici cinq ans en Alsace », l’encadrement des loyers, la lutte contre la prolifération des airbnb et logements vacants et une « réforme des bourses juste et amitieuse » élargissant les conditions d’accès et revalorisant les montants alloués.