Publié le 24/02/2026 21:47

Mis à jour le 24/02/2026 21:47

Temps de lecture : 3min – vidéo : 3min

Les Britanniques sont les plus gros consommateurs européens de chips, ils raffolent de ces rondelles de pomme de terre frites, qu’ils mangent tous les soirs en apéritif. Nature, au fromage ou encore au vinaigre, chez eux la chips se décline de mille façons, même en sandwich.

Ce texte correspond à une partie de la retranscription du reportage ci-dessus. Cliquez sur la vidéo pour la regarder dans son intégralité.

C’est le bruit d’un plaisir coupable : à l’apéro, au déjeuner ou sur le pouce, les Britanniques sont accros aux chips. « J’en mange tous les jours quand je rentre chez moi », confirme une femme. « Notre nation a même inventé les sandwichs aux chips. – Je les adore ! », complète un couple. Un homme n’en pense pas moins : « Il n’y a rien de meilleur qu’une bonne chip avec mon fromage préféré. »

Avec ou sans fromage, les Britanniques sont les plus gros consommateurs de chips en Europe. Ils en croqueraient deux fois plus que les Français. C’est jour de livraison dans un pub anglais. Au menu, des chips, des chips et encore des chips : les meilleurs alliées des débits de boissons. « C’est très important. Pour les Français, c’est comme votre saucisson avec votre verre de vin. Pour nous, c’est une bonne façon de déshydrater les gens et de leur donner soif à nouveau », explique Max Bishop, barman.

Dans un vaste entrepôt, on trouve des chips, du sol au plafond. Chez un grossiste pour la restauration, elles représentent la majorité des ventes, bien plus que les sodas et les bonbons. Dans les allées, entre sel et vinaigre, il y en a une centaine de références et de saveurs : « Crevettes, canard rôti, jambon et moutarde. Nous avons des clients qui font un festival de la chips. Ils prennent tout ce qu’on a en stock. On a même commandé certains produits spécialement pour eux, juste pour qu’ils puissent avoir un immense buffet de chips », témoigne Jonny Davis, responsable d’entrepôt JLBrooks.

Au Royaume-Uni, ce marché à plus d’un milliard d’euros a la patate. Il ne cesse de croître avec des nouveaux venus qui viennent bousculer les marques historiques. Deux associés ont lancé leur entreprise il y a six ans. Aujourd’hui, ils font frire 40 tonnes de pommes de terre par semaine. « Ça, ce sont 40 kilos de patates qui sont découpées puis plongées dans une huile à 160 degrés. Elles vont y rester 6 minutes et devraient ressortir avec la cuisson parfaite », détaille Sean Mason, cofondateur de « Two Farmers ».

Pour se différencier des concurrents, la dernière étape est essentielle. C’est dans un rouleau que les chips sont enrobées des épices en poudre qui vont leur donner tout leur goût. À côté, les deux entrepreneurs reproduisent le même geste dans une boîte en plastique qui leur sert à tester une toute nouvelle recette sur laquelle ils planchent depuis 9 mois. « Nous partons d’une sauce qui rappelle un condiment indien aux légumes. Mais c’est encore inédit pour le moment, alors je ne peux pas vous en dire plus », nous confient-ils. Mark Green, l’un des cofondateurs de « Two Farmers » précise : « Il faut que la saveur ait du punch, qu’elle soit bien marquée et il faut qu’on ait envie d’y revenir. Si dès la première bouchée on ressent ce besoin d’en reprendre, alors on sait qu’on tient quelque chose. »

Au Royaume-Uni, les chips aromatisées sont une science. C’est d’ailleurs grâce à deux prix Nobel de chimie anglais il y a plus de 70 ans que l’on peut aujourd’hui reproduire en poudre des saveurs complexes sur les chips, comme par exemple le bœuf à la bière. Le génie britannique au service de l’apéro.