Sep Vanmarcke était quasiment toujours dans le coup au Nieuwsblad. ©Belgaimage
Au cours de sa carrière, il n’a quasiment jamais roulé pour une formation de notre pays. Après ses débuts, vite remarqués, chez Topsport Vlaanderen, il est parti chez Garmin, Belkin-Pro Cycling (devenue ensuite LottoNL-Jumbo puis Visma), Cannondale, EF Education First et Israël Premier Tech.
Notre sport n’est pas le foot : 90 % des spectateurs encouragent tout le monde même s’ils ont un coureur préféré ou une équipe favorite. C’est ce qui fait la beauté du vélo et nous devons la préserver.
Mais le vélo n’est pas le foot. Ce n’est pas comme s’il passait de l’effectif du Standard de Liège à celui d’Anderlecht. « Notre sport est plus petit que le foot, effectivement, on se côtoie toute l’année. Et au niveau du public, 90 % des spectateurs encouragent tout le monde même s’ils ont un coureur préféré ou une équipe favorite. C’est ce qui fait la beauté du vélo et nous devons la préserver. »
Pur Flandrien et toujours passionné par la tactique, Sep Vanmarcke donne l’impression d’être un poisson dans l’eau dans ce rôle de directeur sportif. « Je suis très content, désormais, de me retrouver à nouveau dans la course. Quand j’étais analyste, je parlais de cyclisme mais sans plus y participer. Cela me manquait. Je préférais faire moi-même la course mais je suis très heureux de rester impliqué dans le vélo. »
Monsieur Nieuwsblad : 7 top 10 en 11 participations dont une victoire devant Boonen
Il ne sera pas, samedi, sur le Circuit Het Nieuwsblad (il sera sur le Tour de Sardaigne). Mais il connaît par cœur la course d’ouverture en Belgique. Il y avait créé la surprise en y devançant Tom Boonen avec qui il était échappé en compagnie de Juan Antonio Flecha en 2012 pour ce qui avait été la première victoire de sa carrière. Ensuite, il y a cumulé les résultats avec en tout sept top 10 en onze participations, dont sa victoire, mais aussi trois places de troisième, une fois quatrième et une fois cinquième…
« J’avais un bon lien, un bon feeling avec cette course, continue Sep Vanmarcke. C’est une vraie classique, avec les pavés. J’y étais régulier, comme à Gand-Wevelgem. Elle me réussissait bien. Sans doute parce que la fraîcheur y était importante et que j’étais en général bien en forme avec une seule course de préparation, j’étais en général prêt. Ma victoire au Circuit Het Nieuwsblad a lancé ma carrière. Je suis devenu protégé, avec un autre statut dans le peloton, je recevais des meilleures offres d’équipes. Par rapport à ce succès, je pense que j’aurais préféré arriver seul. Mais pour l’image de ma carrière, c’était mieux de battre dans le sprint de la bonne échappée la grande star de l’époque, Tom Boonen. Alors que tout le monde savait qu’il était super rapide. »
On se souvient encore de la clameur, un peu surprise, par la foule, massée à l’arrivée, alors tracée à Gand. « J’étais dans un grand jour et je sentais que Boonen et les autres fatiguaient en fin de course. Et j’ai fait tous les bons choix dans les derniers kilomètres. C’était parfait. »
Sep Vanmarcke avait gagné le Nieuwsblad en 2012. ©BELGA
Il espère que sa nouvelle équipe va retrouver sa flamboyance sur le front des classiques flandriennes. Un terrain sur lequel Soudal Quick-Step n’était que l’ombre d’elle-même ces dernières années. Elle s’était articulée autour de Remco Evenepoel sur le front des classiques wallonnes et surtout des épreuves par étapes.
« Mais on sent qu’il y a un nouveau virage de Soudal Quick-Step en vue des classiques, ajoute Sep Vanmarcke. Nous voudrons nous battre, refaire la course à l’avant sur les Flandriennes. Des Tadej Pogacar et Mathieu van der Poel seront peut-être encore hors de portée dans les plus grandes épreuves. Mais nous voulons être là à nouveau. Peser sur la course. Avec un noyau sérieusement renforcé. Autour de Paul Magnier. On est persuadé qu’il pourra franchir un nouveau cap. Il a effectué un très bon hiver (NdlR : deuxième l’an passé du Nieuwsblad et du Samyn dans la foulée, il s’est annoncé en grande forme avec ses deux victoires d’étapes au Tour d’Algarve). Ce sera notre atout majeur pour les classiques dans notre noyau renforcé pour les classiques. Il ne sera certainement pas seul sur les Flandriennes avec nos bons renforts. Comme Laurenz Rex (sur la touche depuis sa lourde chute à l’AlUla Tour, NdlR). Et des gars d’expérience comme Dylan van Baarle, Jasper Stuyven. »
Le rajeunissement des directeurs sportifs
Sep Vanmarcke incarne la nouvelle vague des directeurs sportifs. Dans toutes les équipes, il y a un rajeunissement de ceux qui conduisent les voitures suiveuses et donnent les consignes via les oreillettes. « Le vélo a pas mal changé ces dernières années, confirme celui qui n’avait été devancé que par Fabian Cancellara à Paris-Roubaix en 2013. Il y a de plus en plus d’épreuves, plus de préparation qu’avant. Le staff des équipes s’agrandît généralement. Et on voit que de nombreuses équipes veulent intégrer des jeunes directeurs sportifs qui viennent de sortir du peloton. C’est le cas chez Soudal Quick-Step. Avec Niki Terpstra, Iljo Keisse, Eliot Lietaer ou moi alors que Dries Devenyns et Klaas Lodewijk sont partis. Le vélo est très aussi différent de celui du passé. Cela a beaucoup changé au niveau du matériel, de l’aérodynamisme, de l’alimentation… Les directeurs sportifs qui viennent de prendre leur retraite comme coureur ont vécu toutes ces évolutions en tant que pros. C’est donc une bonne combinaison avec des directeurs sportifs d’expérience. Comme en ont beaucoup, chez nous, Wilfried Peeters ou Davide Bramati. »