Le feuilleton administratif de la fermeture de la mosquée des Bleuets, dans le 13e arrondissement de Marseille a pris fin ce lundi 23 février, du moins, pour la saison. Il avait débuté en octobre 2025 par la décision du préfet des Bouches-du-Rhône d’alors, Georges-François Leclerc, de fermer temporairement – pour de deux mois, la durée maximale prévue par la loi – le lieu de culte.

La mosquée était dans le viseur des autorités depuis près d’une décennie, notamment en raison des positions « radicales » de son imam, Smaïn Bendjilali, condamné depuis pour « apologie du terrorisme ».

Mais l’arrêté avait fait long feu, aussitôt contesté devant le tribunal administratif, qui en avait suspendu l’exécution, quelques jours plus tard, au motif d’une « atteinte à la liberté fondamentale du culte ». 

« On a gagné factuellement et juridiquement »

Loin d’en rester là, le ministre de l’Intérieur avait alors saisi la juridiction supérieure, afin de contester la décision du juge des référés. Près de quatre mois – et une question prioritaire de constitutionnalité (QPC) –  plus tard, le Conseil d’État n’a ainsi pu que constater qu’il n’y avait plus lieu à statuer sur l’appel du ministre, la durée maximale d’effet de l’arrêté initial du préfet étant largement dépassée.

Et de préciser qu’une nouvelle mesure de fermeture du lieu de culte ne pourrait être adoptée que sur la base de « faits nouveaux intervenus après la réouverture ». « C’est une avancée sur le plan de la jurisprudence, on a gagné factuellement et juridiquement, salue Maître Sefen Guez Guez, l’avocat de la mosquée des Bleuets, c’est l’épilogue de ce dossier ».