Habiter la forêt de Fontainebleau comme les peintres d’autrefois

Connu comme « le village des peintres », Barbizon est riche d’un héritage pictural unique. À l’orée de la forêt de Fontainebleau, la nouvelle maison qui habite la commune baigne pleinement dans l’impressionnisme ambiant. Foyer de Théodore Rousseau, père du mouvement, Barbizon a vu naître l’amour du paysage, des couleurs et du mouvement dans la peinture voici deux siècles. C’est de cette histoire que le duo In Sinu s’est imprégné, fort de sa volonté, revendiquée, d’ancrer le bâti dans son environnement — de ses extensions contemporaines jusqu’à sa piscine, construites autour des arbres pour épouser le terrain sans jamais le trahir.

La maison a t rhabille de chêne clair jouant avec la lumière grâce aux claustras dessinant des clairesvoies.

La maison a été rhabillée de chêne clair, jouant avec la lumière grâce aux claustras, dessinant des claires-voies.

© Jean-Baptiste ThirietLa forêt de Fontainebleau a t une grande source d'inspiration dans le choix des couleurs et des matriaux.

La forêt de Fontainebleau a été une grande source d’inspiration dans le choix des couleurs et des matériaux.

© Jean-Baptiste ThirietL’œil sur le paysage

Architectes de formation, Elena Cadouin et Cassandre Verdier sont de ferventes défenseuses du dialogue avec la nature (rappelons qu’elles ont nommé leur studio « In Sinu » à dessein). « Il s’agit d’une rénovation, mais aussi d’une réflexion globale sur le rapport à l’habitat, au paysage et au patrimoine », introduisent les fondatrices du studio. Bien qu’à 50 kilomètres de Paris, Fontainebleau est un refuge naturel qu’il était important d’honorer. Ses chênes, ses végétaux, ses pierres ont été leurs principales sources d’inspiration. Troquant souvent leur uniforme d’architecte contre celui de peintre, Elena Cadouin et Cassandre Verdier ont construit la rénovation autour d’un échange permanent entre l’intérieur et l’extérieur de la maison, transformant les vues sur la forêt en tableaux vivants. « Ces paysages sont fondateurs dans l’histoire de l’impressionnisme, commentent les architectes. En s’y insérant, on s’intègre aussi dans l’imaginaire du mouvement ».

La chambre est un allover de bois assum offrant une vue imprenable sur le sousbois.

La chambre est un all-over de bois assumé, offrant une vue imprenable sur le sous-bois.

© Jean-Baptiste ThirietL’extérieur à l’intérieur

Le bois en majesté

Le premier ouvrage, crucial, a été de réorienter la structure existante vers le sous-bois et de percer des fenêtres accordéons, s’offrant à l’envi sur l’extérieur. « Nous avons travaillé les vues pour que les ouvertures deviennent des tableaux évolutifs. Dans la salle à manger, les propriétaires vivent avec une œuvre impressionniste au mur, dont les couleurs et la lumière changent au fil de la journée et des saisons. » Laissant entrer la forêt dans la maison, le chêne habille aussi bien les plafonds, les parquets, que le mobilier dessiné sur mesure — à l’image de la table à manger à la texture tactile, rappelant l’écorce des arbres alentours, ou de la chambre en all-over de bois. Pour capter les jeux de lumière et de feuillages extérieurs à l’intérieur, les murs ont été blanchis à la chaux, un matériau vif et changeant. « L’impressionnisme, c’est capter le mouvement, être dans l’abstraction », explique In Sinu, qui a ponctué la cuisine d’inox réfléchissant dans ce même dessein.