La ministre de la Culture Rachida Dati a annoncé mercredi qu’elle avait remis sa démission du gouvernement au président Emmanuel Macron pour « mener le combat de sa vie » aux élections municipales à Paris, deux semaines et demi avant le premier tour. « Je vais changer Paris et la vie des Parisiens », a promis sur BFMTV la candidate de la droite à la mairie de la capitale, précisant avoir remis « ce matin sa démission au Président de la République ».

Emmanuel Macron a accepté la démission de Rachida Dati. Le chef de l’État l’a remerciée pour l’action utile qu’elle a déployée au service des Français ces deux dernières années et lui a adressé tous ses encouragements dans le combat qu’elle mène.

Un style en question

En janvier 2024, peu après son arrivée à la Culture, Rachida Dati s’était félicitée d’avoir mis fin à une grève au Centre Pompidou. Deux ans après, elle a annoncé mercredi son départ du ministère sans avoir éteint la crise et le conflit social qui grippent le Louvre. Ce parallèle résume son bail mouvementé rue de Valois, où elle a joué de son poids politique pour limiter les coupes dans la culture sans parvenir à faire adopter sa réforme phare de l’audiovisuel public.

Proches et détracteurs en conviennent : avec son franc-parler et son aura médiatique, l’ex-ministre sarkozyste de 60 ans a redonné de la visibilité à un ministère confié, sous Emmanuel Macron, à des personnalités plus effacées.

Au gouvernement, elle est d’ailleurs l’une des très rares à avoir survécu à tous les remaniements depuis janvier 2024, malgré des poursuites pour corruption dont elle répondra au tribunal à l’automne. « Chacun sait que j’aime me battre », avait-elle dit en prenant ses fonctions.

Malgré les restrictions, elle assure avoir réussi à limiter la casse dans la culture, même si les crédits de son ministère accusent cette année une baisse de 173,4 millions sur 3,7 milliards d’euros de budget (hors audiovisuel).