Par Laurent
Fourvière –
Publié le 25 Fév 2026 à
22:00
Face à l’ampleur du travail au
noir, le gouvernement a décidé de renforcer la lutte contre cette
pratique. Une situation problématique pour de nombreux indépendants
obligés de recourir à cette méthode pour s’en sortir.
Le travail au noir est
une véritable hémorragie financière qui coûte chaque année des
milliards à la solidarité nationale. Pour stopper le phénomène,
L »Etat passe à l’offensive. Son nouvel arsenal cible les dérives de
la logistique et du e-commerce international. La grande nouveauté ?
La fin de la bureaucratie lente. Désormais, une filiale frauduleuse
pourra être fermée en seulement 48 heures, contre deux semaines
auparavant. Une méthode plus agressive qui ne fait pas le bonheur
de nombreux Français.
Une
décision problématique pour de nombreux Français
Le gouvernement est bien décidé à mener une lutte acharnée
contre le travail au noir. Mais si cette technique est devenue si
populaire auprès des Français, c’est notamment parce que ces
derniers se sont retrouvés dans l’incapacité de faire autrement.
Face à des impôts asphyxiants, de nombreux chefs d’entreprises
sont contraints d’opter pour cette approche pour s’en sortir. C’est
le cas de Damien, patron d’une entreprise de transport. “On est
obligé. J’ai juste un salarié et l’année dernière j’ai payé
130 000 € d’impôts”, a-t-il confié sur RMC Story ce
24 février 2026.
Avant d’ajouter : “Plus de la moitié de mon chiffre
d’affaires part dans les charges, cotisations et impôts. Si
tu ne fais pas un peu de black, tu ne peux pas vivre
dignement. Tu travailles comme un c*n, 80-90h par semaine
pour 1 500 €.” Lors de cet entretien, Damien a assuré faire
environ 200 à 300 euros non déclarés chaque mois. Toutefois, ce
dernier a tenu à se défendre en déclarant : “C’est de l’argent
fait illégalement mais qui est réinvesti. Si ma machine à laver
claque, je préfère réinvestir en cash et l’État est encore gagnant.
C’est plus du pourboire que du réel travail au
noir.”
Travail au noir : la seule issue face à des charges
exorbitantes
Pour les propriétaires d’entreprise, les charges sont
particulièrement élevées. “L’État m’en prend tellement,
je ne pourrais pas vivre en bossant 35h, même 500 balles ce serait
impossible”, a déploré Damien. Mais ce dernier n’a
pas été le seul à avouer souffrir des coûts élevés d’une entreprise
en France. Dans les Grandes Gueules sur RMC, Alain Marschall a
donné la parole à Julio, un tatoueur.
Au micro de la chaîne, ce dernier n’a pas caché avoir recours au
travail au noir face aux charges élevées. “On me prend
30% de mon chiffre d’affaires, plus mon loyer, mes
charges”, a-t-il avoué. Avant d’ajouter : “Quand
je vois ce qu’il me reste à la fin. Si je n’avais pas de liquide,
autant que je retravaille pour un patron. Et si ça vient fermer ou
quoi qu’est-ce, j’ai du chômage du Pôle emploi. Parce que moi,
comme je vois ma situation maintenant, c’est que si je
viens me casser la gueule, j’ai rien du tout.”
“On n’a vraiment pas le
choix”
Pour Julio, le seul moyen de s’en sortir et de vivre
convenablement est d’avoir recours au travail au noir. Une pratique
à laquelle de nombreux patrons recourent. “J’ai dû refaire des
très gros travaux qui touchent au toit de la maison. Même la
personne qui est intervenue a accepté aussi du black. En fait, on
fonctionne tous comme ça. On n’a vraiment pas le
choix”, a-t-il précisé.
Pour le tatoueur, s’il devait déclarer tous ses revenus, autant
mieux qu’il mette la clé sous la porte et se mette à travailler
pour un patron. Une pratique illégale, comme Alain Marshall a tenu
à le rappeler. “Alors oui, attention, je suis d’accord.
C’est totalement illégal. Et je n’invite personne à faire
ce que je fais”, a-t-il reconnu. Cependant, ce dernier ne voit
pas d’autres solutions. Et des témoignages de la sorte, ce n’est
pas ça qui manque. De quoi en dire long sur la situation.