0/100 sur Yuka : un score choc pour un produit que l’on sort à
l’apéro
Vous scannez d’un geste le paquet star de l’apéro ou du goûter.
L’écran vire au rouge, et le verdict tombe : 0/100. Ce zéro
interpelle parce qu’il vise un produit hyper courant, souvent
présent dans nos placards. Depuis 2017, Yuka passe au crible la
composition des aliments pour délivrer une note sur 100. Certains
chouchous de supermarché décrochent pourtant la pire évaluation
possible.
Comment ce score est-il attribué ? L’app s’appuie sur la qualité
nutritionnelle (et le Nutri-Score), la présence
d’additifs et la dimension bio. Un 0 signale qu’aucun atout ne
compense les points noirs : excès de sel ou sucre, graisses
défavorables, longue liste d’additifs. Et l’exemple le plus parlant
touche un best-seller de l’apéritif. La suite étonne.
Justin Bridou : les Minis bâtons de Berger au poulet épinglés
0/100
Les Minis bâtons de Berger au poulet de Justin
Bridou, stars des tables basses, affichent un 0/100 sur
Yuka. La volaille rassure souvent, perçue comme plus
“light” que le porc. Ici, l’algorithme sanctionne une formulation
qui coche presque toutes les cases à éviter. D’abord, une teneur en
sel très élevée, loin des repères favorables au cœur. Ensuite, des
additifs multiples qui éloignent le produit d’une charcuterie
simple.
Détail clé, la présence de nitrites (E249, E250, E251,
E252) utilisés pour conserver la couleur et la sécurité
microbiologique. L’Organisation mondiale de la
santé alerte de longue date sur l’augmentation du risque
de cancer colorectal liée à une consommation régulière de
charcuteries nitritées. À cela s’ajoutent le caractère hautement
transformé, peu de fibres et de micronutriments, et une densité
calorique élevée. Ce cumul explique le zéro, même quand l’emballage
met en avant le poulet. Le mythe du snack plus “léger”
s’effondre.
Pourquoi ces 0/100 inquiètent : sucre, graisses et
ultra‑transformation
Côté sucré, les Biscuits Pickup fourrés lait
(Bahlsen) tombent aussi à 0/100. Le sucre domine dans le chocolat
comme dans la pâte, avec des pics glycémiques qui appellent la
fringale peu après. Les graisses utilisées, souvent riches en
graisses saturées, tirent le profil lipidique vers
le bas. Le tout pour beaucoup de calories et très peu de fibres
protectrices. La présence d’additifs technologiques achève de
classer ce biscuit parmi les produits à éviter au quotidien.
En filigrane, la question de la matrice alimentaire : quand un
aliment devient un assemblage d’ingrédients raffinés, l’absorption
des sucres et des graisses s’accélère, la satiété déraille.
Plusieurs travaux synthétisés par l’Inrae
associent la consommation d’aliments
ultra-transformés à une hausse des maladies
cardiovasculaires, de l’obésité et du diabète de type 2. Un 0/100
n’est pas un poison immédiat, mais un signal fort. Tout se joue sur
la fréquence et les habitudes. Les produits rouges ne devraient pas
rythmer la semaine.
Quelles alternatives pour l’apéro et le
goûter, et comment éviter les 0/100 ?
On peut réduire le risque sans se priver. Au rayon, gardez trois
réflexes simples : listes d’ingrédients courtes, suspicion si vous
lisez les codes E249 à E252, et vigilance sur le sel des
charcuteries ou le sucre en tête de liste dans les biscuits.
Réservez ces produits notés 0 à de rares occasions, le temps de
trouver mieux. Et pensez à croiser l’œil critique de l’étiquette
avec le score Yuka, pas l’inverse.
Des alternatives gourmandes existent pour remplacer les cancres
du rayon :
- Fromages à pâte dure en dés (Comté, Beaufort).
- Oléagineux non salés : amandes, noix, noisettes.
- Bâtonnets de légumes avec sauce yaourt-herbes.
- Jambon blanc sans nitrites ou viande séchée artisanale.
- Pour le sucré : carré de chocolat noir 70 % + pain au levain +
fruit. - Petits gâteaux maison, liste d’ingrédients courte.
Sources