Trois membres présumés du groupe d’ultradroite le « Bloc montpelliérain » ont vu leur garde à vue levée mercredi en fin de journée, a indiqué le parquet, qui les soupçonne d’avoir participé l’an dernier à l’agression de plusieurs clients d’un bar associatif à Alès (Gard).

Les trois hommes -l’un âgé de 23 ans, les deux autres de 25 ans- avaient été convoqués mardi au commissariat central de Montpellier pour répondre de ces faits qui s’étaient déroulés au café « Le Prolé », fréquenté notamment par des sympathisants communistes, lors de la feria d’Alès en mai 2025.

Une dizaine d’hommes, à visage découvert et détenant une grenade lacrymogène, avaient pénétré dans le bar où se trouvaient une vingtaine de clients. Ils les avaient violentés, gazés et avaient dégradé les lieux.

Plusieurs témoins avaient mis en cause des militants du « Bloc Montpelliérain », qui avait réfuté toute action de sa part à Alès mais dont des personnes présentes ont affirmé avoir reconnus des membres grâce à leurs « tatouages nazis ».

Pas de poursuites pour le moment

Lors de leurs gardes à vue, entamée mardi matin, les trois hommes ont « contesté farouchement » avoir pris part aux violences, même si, lors de « confrontations organisées avec les victimes, celles-ci ont maintenu qu’il s’agissait bien de leurs agresseurs », a précisé à l’AFP le procureur d’Alès, Abdelkrim Grini.

Le magistrat a indiqué avoir « levé » les gardes à vue, sans décider de poursuites immédiates, ce qui ne préjuge cependant pas de l’issue du dossier.

« Face à ces déclarations contradictoires, quelques points restent à vérifier par les enquêteurs. Dans quelques petites semaines, je déciderai soit d’un renvoi devant un tribunal, soit d’un classement sans suite », a dit M. Grini.

Plusieurs centaines de personnes, dont le patron du Parti communiste Fabien Roussel, avaient manifesté à Alès en juin pour dénoncer l’agression et réclamer la dissolution du groupuscule.

Selon des sources proches du dossier, le « Bloc montpelliérain », le groupe d’ultradroite « Patria albiges », basé à Albi, et un groupuscule d’ultragauche sont actuellement visés par une procédure de dissolution lancée par le ministère de l’Intérieur il y a plusieurs mois, avant donc le décès de Quentin Deranque, un militant d’extrême droite radicale frappé à mort à Lyon il y a deux semaines.