Une image satellite montre un nouveau toit recouvrant un bâtiment précédemment détruit (au centre), sur le site nucléaire de Natanz (Iran), le 30 janvier 2026. Une image satellite montre un nouveau toit recouvrant un bâtiment précédemment détruit (au centre), sur le site nucléaire de Natanz (Iran), le 30 janvier 2026. PLANET LABS PBC VIA REUTERS

Les négociateurs américains sont arrivés, mercredi 25 au soir à Genève, affichant leur optimisme à la veille de nouveaux pourparlers avec les Etats-Unis à Genève, malgré les propos de Donald Trump sur leurs « sinistres ambitions nucléaires ». Le président Massoud Pezeshkian parle de « perspective favorable », disant espérer sortir de « cette situation “ni guerre ni paix” ».

Le chef de la diplomatie Abbas Araghtchi, qui conduit la délégation iranienne, doit rencontrer dans la soirée son homologue omanais, Badr Al-Boussaïdi, « et lui exposer la position de l’Iran sur la levée des sanctions et le dossier nucléaire ». Il avait estimé la veille qu’un accord était « à portée de main », invoquant une « occasion historique ».

Téhéran a rejeté en bloc les allégations du président américain, mardi, dans son discours de politique générale devant le Congrès, dénonçant de « gros mensonges » américains. Les Etats-Unis, qui ont multiplié les menaces d’attaque en cas d’échec de la diplomatie, ont déployé un dispositif militaire massif dans la région du Golfe.

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Avant de nouveaux pourparlers entre les deux pays prévus jeudi à Genève, sous médiation omanaise, le président américain a toutefois affirmé privilégier la voie diplomatique alors que Téhéran estimait qu’un accord était « à portée de main ».

« Tout ce qu’ils avancent au sujet du programme nucléaire iranien, des missiles balistiques de l’Iran et du nombre de victimes lors des troubles de janvier n’est rien d’autre que la répétition de gros mensonges », a déclaré mercredi sur X le porte-parole du ministère des affaires étrangères iranien, Esmaeil Baghaei.

Quelques heures plus tôt, Donald Trump avait affirmé, lors de son discours de politique générale devant le Congrès, que l’Iran avait « déjà développé des missiles qui peuvent menacer l’Europe et nos bases » militaires et travaillait à concevoir des missiles « qui pourront atteindre bientôt les Etats-Unis ».

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Un accord à portée de main, à condition de diplomatie

« Ils (…) poursuivent à l’heure actuelle leurs sinistres ambitions nucléaires », a ajouté le président américain, qui tente d’arracher un accord garantissant notamment que l’Iran ne se dote pas de l’arme atomique. « Ma préférence va à une résolution de ce problème par la diplomatie, mais une chose est sûre : je ne permettrai jamais au principal soutien mondial du terrorisme (…) de se doter d’une arme nucléaire », a-t-il poursuivi. « Ils veulent conclure un accord, mais nous n’avons pas encore entendu ces mots-clés : “Nous n’aurons jamais l’arme nucléaire” », a-t-il insisté.

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Abbas Araghtchi, avait auparavant affirmé que son pays était « déterminé à parvenir à un accord juste et équitable – dans les plus brefs délais ». Il a fait état d’une « opportunité historique de conclure un accord sans précédent qui prenne en compte » les intérêts mutuels. « Un accord est à portée de main, mais seulement si la diplomatie est privilégiée », a-t-il ajouté. Téhéran se défend d’ambitions nucléaires militaires, mais insiste sur son droit au nucléaire civil, en vertu du traité de non-prolifération dont il est signataire.

L’Iran et les Etats-Unis, qui ont renoué le dialogue le 6 février à Mascate (Oman), avaient tenu cinq sessions de pourparlers nucléaires l’an dernier, stoppés net par la « guerre de douze jours » déclenchée en juin par une attaque israélienne, durant laquelle Washington avait bombardé des sites nucléaires iraniens.

Dans son discours, Donald Trump a accusé le pouvoir iranien d’avoir tué 32 000 personnes dans la répression, au début de janvier, d’une vague inédite de contestation. L’organisation Human Rights Activists News Agency (HRANA), basée aux Etats-Unis, a, elle, recensé plus de 7 000 morts, des manifestants pour la plupart, précisant que le bilan réel est probablement plus élevé.

En Iran, des étudiants ont recommencé à protester après la reprise des cours samedi à Téhéran. Le gouvernement leur a reconnu « le droit de manifester » mais les a avertis de ne pas franchir des « lignes rouges ».

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Le Monde avec AFP