« Je ne vais pas te prendre, j’ai déjà un noir sur ma liste. » La phrase lancée par un cadre de la gauche marseillaise au mitan des années 2010 ne semble pas avoir beaucoup vieilli dans la deuxième ville de France. Le Conseil représentatif des associations noires (Cran) vient ainsi de publier une enquête, afin de mesurer la présence des personnes noires dans les majorités municipales des plus grandes villes françaises. Cette enquête nationale sur les élus noirs dans les conseils municipaux (Enam) s’intéresse notamment au « pouvoir réel » de ces élus, en mesurant « non seulement leur présence, mais aussi leur accès effectif aux responsabilités politiques locales », via des postes d’adjoint ou la charge de délégation importante.
Un « paradoxe marseillais »
À Marseille, l’étude décrit « une sous représentation critique » des noirs, avec seulement Nouriati Djambae, conseillère municipale (EELV) déléguée à l’accès aux droits. Cette dernière soutient désormais la liste conduite par Sébastien Delogu, renforçant une sorte de monochromie au sein de la majorité municipale. La ville se classe donc parmi les très mauvaises élèves, le Cran observant même « un paradoxe marseillais ». « Cette ville présente une…