Publié le 25 février 2026 à 21:24 par Isaac Dumas

Le parquet de Paris enquête sur la possible reformation de la Jeune Garde, dissoute en 2025, dans un contexte judiciaire tendu mêlant réseaux satellites et procédures de dissolution.

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Le parquet de Paris examine une éventuelle reformation du mouvement Jeune Garde, dissous en 2025. Au cœur du dossier : réseaux satellites et procédures judiciaires en cascade.

Créée en 2018 à Lyon par Raphaël Arnault, la Jeune Garde s’était imposée comme l’un des collectifs antifascistes les plus visibles de la scène militante française. Ce groupe, fondé sous la houlette d’Arnault, aujourd’hui député de La France Insoumise, multipliait les actions contre les mouvances d’extrême droite, revendiquant un antifascisme radical dans ses discours et ses manifestations. Sa notoriété, déjà bien assise, a pris une nouvelle ampleur après plusieurs affrontements médiatisés dans la région lyonnaise.

La dynamique de la Jeune Garde a pris un virage décisif en juin 2025 : le collectif a été dissous par décret, une suite logique à son implication citée dans l’affaire du décès de Quentin Deranque, militant identitaire de 23 ans. Quelques mois plus tard, la tension remonte d’un cran. Suite à un signalement du ministère de l’Intérieur, le parquet de Paris vient d’ouvrir une enquête emblématique : la Jeune Garde aurait-elle véritablement tenté de se reconstituer via des structures satellites ? L’ombre d’une infraction pénale plane désormais sur plusieurs membres ou proches du groupe dissous.

Enquête sur la reformation présumée de la Jeune Garde : les éléments clés

L’ouverture de l’enquête fait suite à une actualité brûlante : le décès de Quentin Deranque à Lyon il y a dix jours, victime d’une violente agression attribuée à des membres de l’ultragauche. Plusieurs personnes mises en examen dans le cadre de cette procédure présentent des liens évidents avec la Jeune Garde. C’est dans ce contexte hautement sensible que le parquet de Paris s’est saisi, le 24 février 2026, du dossier « reconstitution d’association dissoute ».

Le délit visé, « participation au maintien ou à la reconstitution d’association ou de groupement dissous », prévoit jusqu’à trois ans d’emprisonnement et 45 000 euros d’amende. L’affaire a ainsi été confiée à la section de recherches de la gendarmerie nationale à Paris, avec une attention particulière portée aux « émanations » locales suspectes sur au moins cinq territoires français.

Les services de renseignement suivaient déjà, de près, les velléités de ralliement ou de refondation, guettant la moindre structure para-associative, filiale ou réunion informelle empruntant aux codes et aux réseaux historiques de la Jeune Garde. Selon un participant à la réunion stratégique organisée à l’Élysée : « Les faits gravissimes de Lyon sont venus étayer le dossier. »

Concrètement, cette nouvelle enquête pourrait déboucher sur des poursuites judiciaires si une reformation du collectif était avérée, avec des poursuites ciblant tant les membres actifs que les proches collaborant à des initiatives parallèles. La justice veille à couper l’herbe sous le pied aux groupes dissous dont l’activité se reconfigure sous d’autres formes, une stratégie déjà éprouvée dans le cas de Génération identitaire précédemment visé.

Procédures de dissolution et ramifications politiques : l’affaire secoue l’Élysée

Le dossier n’en finit plus d’agiter la sphère politique. Emmanuel Macron a réuni, le 24 février, ministres clefs et responsables du renseignement pour un état des lieux des mouvances de l’ultragauche et de l’ultradroite. Le président a demandé formellement au ministère de l’Intérieur d’engager des procédures de dissolution contre cinq structures locales soupçonnées d’être des avatars de la Jeune Garde. L’objectif : enrayer dès l’émergence toute tentative de remaillage des réseaux antifascistes radicaux sur le territoire national.

Parallèlement, sept personnes sont aujourd’hui mises en examen dans l’affaire Deranque à Lyon, dont certaines proches de Raphaël Arnault. Adrian B., activiste du mouvement et proche de l’élu LFI, fait l’objet d’une mise en examen pour « homicide volontaire ». Jacques-Élie Favrot, assistant parlementaire réputé pour son engagement dans la mouvance, est lui poursuivi pour « complicité par instigation ».

Ce contexte judiciaire nourrit les débats : la dissolution de la Jeune Garde, contestée devant le Conseil d’État, demeure « sans effet suspensif », la justice continuant à examiner les initiatives connexes et les dossiers de reconstitution. De quoi replacer la question de la gestion des groupes extrémistes au centre de l’agenda politique, alors que la lutte contre l’ultragauche et ses réseaux se structure autour d’un objectif de prévention et de fermeté.

Raphaël Arnault, pointé par de nombreux acteurs des débats, se retrouve au croisement de ce tumulte alors même qu’il occupe désormais les bancs de l’Assemblée nationale.

  • Sources : Franceinfo, BFMTV, RTL

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