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Le parc de loisirs Cap Nature, à Pradines, subit les lourdes conséquences des tempêtes Nils et Pedro. Avec 17 arbres déracinés et des infrastructures inondées, l’incertitude plane sur sa réouverture.

Le soleil brille, les oiseaux chantent… Un temps doux où l’on aurait envie de grimper dans les arbres. Pourtant, le parc de loisirs Cap Nature, à Pradines, reste vide, ses portes closes. Et pour cause : la tempête Nils puis la tempête Pedro ont laissé un goût amer.

Kamel pointe le niveau de l’eau.

Kamel pointe le niveau de l’eau.
DDM Aouregan Texier

Quand il se balade dans le parc, Kamel Benfouzari soupire. « Malgré la belle décrue du Lot, nous, on reste sous l’eau, regrette le gérant. Tout a commencé le 12 février. On voyait le niveau monter à vue d’œil, c’était impressionnant ». La rivière Lot a débordé dans le parc, et une montée des eaux spectaculaire a eu lieu. Les bâtiments, comme le parking, étaient sous l’eau. Pendant la tempête Nils, une dizaine d’arbres ont été déracinés. « Juste après, sans répit, il y a eu Pedro. Et là, on a atteint 17 arbres qui ont été entièrement déracinés », constate Kamel.

Le parc est encore sous l’eau

Aujourd’hui, des jours après le passage des tempêtes, leurs traces sont encore visibles. Le spectacle est désolant. Devant la zone de briefing, là où les consignes de sécurité sont habituellement données, un immense miroir d’eau recouvre le sol, emprisonnant les panneaux et les structures en bois. L’eau refuse de se retirer. « On perd quelques centimètres par jour. Le parc est une sorte de cuve, l’eau ne peut pas s’échapper, donc elle s’infiltre dans les sols. Mais eux-mêmes sont déjà gorgés. Par endroits, on a l’impression que c’est bon mais si on creuse un peu, on trouve de l’eau ».

À certains endroits, dix centimètres d’eau stagnent.

À certains endroits, dix centimètres d’eau stagnent.
DDM Aouregan Texier

Au détour d’un sentier, un géant gît au sol. Ses racines, arrachées à la terre boueuse, pointent vers le ciel. Le tout entremêlé dans des filets noirs. « Ce sont les protections pour le paintball. En 2021, ils étaient complètement abîmés après une inondation. On avait créé un système pour les lever. Là, ça a un peu fonctionné mais certains ont cédé sous le poids des arbres… Il faudra retrouver leur point d’ancrage ». Même les activités au sol n’ont pas été épargnées. Sur le parcours de minigolf, le sable et les graviers ont envahi les pistes vertes, tandis que d’imposants troncs d’arbres, récemment débités par l’équipe, attendent d’être évacués. Les rebords en pierre, pourtant extrêmement solides, se sont soulevés. Plus loin, du matériel a été déplacé, une poubelle en bois a disparu… « On a perdu aussi un peu de nos stocks », confie le dirigeant.

Pour le moment, dix-sept arbres ont été déracinés.

Pour le moment, dix-sept arbres ont été déracinés.
DDM Aouregan Texier

Hors saison, Cap Nature fonctionne avec trois salariés. En février, ils devraient être en train de recevoir du public (pendant les vacances d’hiver, le parc ouvre sur réservation). Aujourd’hui, ils enfilent des bottes et remettent en état le parc comme ils peuvent. Sur les terrains, des canettes ou bien des verres en plastique trônent. « On reçoit tous les déchets de la rivière, qui restent coincés ici, il faut les ramasser », souffle Logan, un des trois employés. Pour nettoyer, les trois hommes avancent au rythme de l’eau. Et pour le reste, il faut attendre le passage de l’expert phytosanitaire. Ce dernier fera un état des lieux complet, et dressera la liste des choses à faire avant de réouvrir. « Peut-être qu’il faudra débiter d’autres arbres… »

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« Ça me semble dangereux »

Le parc reçoit de nombreux soutiens, qui souhaitent donner un coup de main. « On a des gens qui veulent venir aider, comme ils l’avaient fait en 2021. Mais là, on ne sait même pas si on va pouvoir faire appel à eux. Il faut s’occuper des arbres tombés. S’il faut manipuler une tronçonneuse, je ne me verrai pas leur demander ça. Et même nous. On a beau être polyvalents, on ne peut pas tout faire. Ça aussi, ça va s’ajouter à la liste des coûts », regrette Kamel. Il ajoute : « Là-haut, par exemple, il y a un arbre qui est couché sur un autre. Ça me semble dangereux, il pourrait tomber à tout moment. C’est une question de sécurité, on n’est pas en état d’accueillir du monde ».

Le minigolf, aussi, a été abîmé par les fortes pluies et les vents.

Le minigolf, aussi, a été abîmé par les fortes pluies et les vents.
DDM Aouregan Texier

Et quand Cap Nature pourra de nouveau accueillir des aventuriers, ça ne sera plus tout à fait comme avant. « Il y a un impact réel sur les parcours d’accrobranche, on va devoir les changer et tout remodeler », glisse Kamel. Il poursuit : « On voulait agrandir nos parcours, mais là on ne peut plus. Tous nos projets sont en stand-by. » D’ici là, le parc garde portes fermées. « C’est un manque à gagner certain. On reçoit beaucoup d’appels de gens qui voulaient réserver pour février, on est obligés de refuser. Le plus dur, c’est d’être dans l’incertitude et de ne pas savoir quand on sera prêts pour réouvrir. » Et surtout, Kamel Benfouzari garde les yeux rivés sur la météo : il craint le retour de la pluie, et pire, du vent.