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Maison de la Culture de Grenoble
Depuis sa nomination en 2021 à la tête de la MC2, Arnaud Meunier a fait de la création en environnement numérique l’un des axes structurants des politiques de la maison. « Le territoire grenoblois est exceptionnel du point de vue de la technologie : les entreprises les plus importantes sont ici et Grenoble a une tradition d’avant-garde depuis plus d’un siècle, si on remonte jusqu’à la Houille Blanche ! » Autrement dit : quand la tech locale rencontre la plus grande scène nationale de France, des formes inédites peuvent naître et toucher des publics jusque‑là difficiles à approcher. Comme les jeunes bien sûr, au centre eux aussi, du triptyque « jeunesse / inclusion / innovation » du directeur de la MC2.
Arnaud Meunier ©Pascale Cholette
Concrètement, la scène nationale grenobloise a multiplié les temps d’expérimentation et de diffusion. En 2021, déjà, elle accueillait la sélection réalité virtuelle (VR) de la Biennale de Venise sachant que, en pleine crise du covid, les spectateurs chercheraient des alternatives. Plus récemment, en 2023, elle a été lauréate d’un appel à projets lancé par le gouvernement. France 2030, en lien avec la Caisse des dépôts et consignations et la Banque publique d’investissement, ambitionne d’accompagner les filières d’avenir, de soutenir la recherche et d’amplifier l’innovation.
To Like or Not : un exemple emblématique
Le dispositif permet notamment de favoriser la recherche et le développement de résidence longue pour des artistes soucieux d’utiliser l’environnement numérique non comme simple gadget technique, mais comme matrice dramaturgique. To Like or Not, spectacle augmenté programmé sur la saison 2024-2025, coproduit avec la compagnie d’Émilie Anna Maillet, artiste associée à la MC2, en un parfait exemple. « C’est un projet transmédia où il y a beaucoup d’extensions en ligne, notamment via une web série, des comptes Instagram des personnages avec lesquels le spectateur est en mesure de dialoguer. Donc, avant et après la représentation, il y a effectivement ces différentes installations où on prend connaissance de l’univers [visible au plateau]. », raconte Caroline Dubois, directrice des productions déléguées, de l’innovation et du développement international.
Pourquoi ce choix de développer l’environnement numérique des spectacles ? Au‑delà de l’effet de mode, l’enjeu est pédagogique et démocratique. Reprenons l’exemple de To Like or Not. On soulève là des problématiques contemporaines : usage des téléphones, réseaux et harcèlement avec les codes des jeunes. Résultat : le théâtre devient lieu d’initiation critique autant que de spectacle. « C’est le spectacle sur lequel on a eu le plus de retours positifs des enseignants », confirme Arnaud Meunier, « car la forme permet d’ouvrir un dialogue en classe sur des sujets sensibles ».
Bénéfices artistiques, sociaux et territoriaux
Sur le plan institutionnel, la MC2 croit à l’innovation à l’intérieur de son écosystème. Le directeur insiste : « Il s’agit de s’inscrire au cœur d’un triangle vertueux entre les entreprises de la tech du territoire, l’université et la recherche, et la MC2 ». L’idée est de passer d’un accueil ponctuel d’œuvres immersives à une logique de production grâce à un studio XR mobile avec plateaux transformables et ingénierie partagée. « On veut être un lieu de travail, d’expérimentation et de production pour les artistes qui ont une dimension numérique ». L’artiste Rocio Berenguer vient d’achever un temps de résidence où elle a pu expérimenter un travail avec un robot. Pour ce faire, elle a été mise en relation avec Coboteam Auvergne-Rhône-Alpes. Le cluster robotique l’ai aidée dans la programmation de son robot.
Les bénéfices sont multiples. Artistiquement, le numérique enrichit les dramaturgies : transmédia, points de vue immersifs, rencontres hybrides. Socialement, il ouvre la scène à un public jeune, hyperconnecté, tout en fournissant des outils de médiation : écoles, professeurs et familles peuvent intervenir sur des contenus partagés avant et après le spectacle. Enfin, territorialement, la stratégie renforce l’écosystème créatif local, favorise l’emploi spécialisé et les coopérations internationales.
Reste la question critique : l’immersion numérique n’est pas une fin en soi. La MC2 le sait et travaille à ce que le numérique serve la dramaturgie et le lien social, pas l’inverse. En somme, la maison mise sur un théâtre capable d’accompagner la bascule numérique sans renier le corps vivant des artistes. La scène se transforme : elle reste vivante, mais augmentée, prête à rencontrer d’autres imaginaires, d’autres publics et à interroger le monde d’aujourd’hui avec de nouveaux outils.
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avec Maison de la Culture de Grenoble