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Rédaction Paris

Publié le

26 févr. 2026 à 14h47

C’est un procès financier hors du commun qui s’est déroulé au tribunal correctionnel de Paris. Dix prévenus, nés entre 1965 et 2003, ont été jugés à huis clos. Un procès de blanchiment d’argent sous haute sécurité visant un réseau au sein de la communauté pakistanaise, à l’issue duquel neuf personnes ont été condamnées à des peines allant jusqu’à cinq ans de prison.

Des craintes pour la vie d’un des mis en cause

Les prévenus, dont deux étaient sous mandat d’arrêt, étaient jugés pour avoir participé entre 2022 et 2024, à des degrés divers, à ce réseau international. Le huis clos avait été demandé en raison de crainte pour la vie d’un des mis en cause, accusé d’avoir coopéré avec la justice, et obligé de vivre désormais sous protection des forces de l’ordre, a appris l’AFP de sources proches du dossier.

Ce procès sensible s’est tenu du 15 au 22 janvier 2026 sous haute sécurité, avec contrôle et palpation par des policiers dans le couloir menant à la salle d’audience. À l’intérieur, l’homme menacé a dû comparaître derrière un paravent, dissimulé aux regards des autres prévenus, le visage sous un masque chirurgical.

Un seul prévenu relaxé

À la tête du réseau, Ishtiaq M., surnommé « Chaudhry », et l’un de ses complices Fasil N., ont été reconnus coupables de blanchiment («aggravé » pour Ishtiaq M.) et de « participation à une association de malfaiteurs ». Les deux hommes, qui comparaissaient détenus, ont été condamnés à cinq ans de prison dont trois ferme et 100 000 euros d’amende.

Le tribunal a condamné sept autres prévenus, dont quatre étaient absents au moment du délibéré, à des peines allant d’un à trois ans de prison, certaines partiellement ou totalement assorties de sursis, ou aménagées sous bracelet électronique. Ils ont été reconnus coupables de blanchiment et « participation à une association de malfaiteurs ». Seul un prévenu a été relaxé.

« 15 millions d’euros » blanchis en 2023

Dans ce dossier où chacun a tenu un rôle précis, les investigations avaient identifié par exemple quatre collecteurs d’espèces présumés ainsi qu’un créateur de sociétés fictives.

Selon l’ordonnance de renvoi, certains des mis en cause ont parcouru la France en voiture, lors de déplacements « brefs, souvent nocturnes », pour récupérer ou « livrer » des espèces, contre quelques milliers d’euros mensuels.

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Les espèces, d’abord stockées dans des appartements, étaient ensuite blanchies par des sociétés éphémères, tenues par des gérants de paille, selon une source proche de l’enquête. Au moment de la principale vague d’interpellations, en juin 2024, le parquet de Paris avait estimé le montant blanchi à « 15 millions d’euros » pour la seule année 2023, « potentiellement le double ». Un avocat en défense avait dénoncé un montant « exagéré ».

Avec AFP.

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