Ce jeudi a été publié le sondage Ifop Fiducial pour Sud Ouest, LCI et Sud Radio sur les intentions de vote aux municipales à Bordeaux, à deux semaines du premier tour du scrutin. Le maire sortant Pierre Hurmic (EELV) (soutenu par les Ecologistes, Génération.s, le parti socialiste et le parti communiste) y totalise 33 % des intentions de vote tandis que Thomas Cazenave (soutenu par Renaissance, le Parti radical, le Modem, les Républicains, Horizons et UDI) en rassemble 25 %.
Sept candidats aux élections municipales de Bordeaux (de gauche à droite) Philippe Poutou, candidat du parti NPA, Nordine Raymond, candidate du parti La France insoumise (LFI), Pierre Hurmic, maire sortant et candidat écologiste (parti Europe Écologie Les Verts), Thomas Cazenave, tête de liste de l’Union de centre-droit, Philippe Dessertine, candidat indépendant, Julie Rechagneux, candidate du Rassemblement national, et Virginie Bonthoux-Tournay, candidate du parti Reconquête, participent à un débat diffusé sur la chaîne de télévision locale TV7 à Bordeaux, dans le sud -ouest de la France, le 26 février 2026. (Photo de ROMAIN PERROCHEAU/AFP) - R-Perrocheau/AFP
La liste divers droite de Philippe Dessertine raflerait 15 % des suffrages et celle de Nordine Raymond, candidat de La France insoumise 12 %. Voilà pour ceux qui seraient qualifiés au second tour puisqu’il faut au moins totaliser 10 % des voix. Suivent la candidate RN Julie Rechagneux (7 %), le candidat du NPA Philippe Poutou (5 %), Virginie Bonthoux-Tournay pour Reconquête (2 %), Fanny Quandalle pour Lutte ouvrière (0,5 %) et la liste citoyenne d’Yves Simone (0,5 %).
Ludovic Renard, politologue à Sciences Po Bordeaux répond aux questions de 20 Minutes pour décrypter les résultats de ce sondage.
Que retenez-vous globalement de ces intentions de vote ?
La thèse de « l’accident » pour l’élection de Pierre Hurmic en 2020 ne fonctionne plus trop, il reste au même niveau qu’en 2020 (33 contre 34 en 2020). Ce 33 % traduit aussi la mutation sociologique de Bordeaux qui vote de plus en plus localement comme elle vote nationalement, sortant un peu de l’exception qui était entretenue pour des raisons historiques par le système Chaban, repris par Juppé.
Si on regarde le bloc de la droite et du centre droit, il se positionne plus bas qu’en 2020. Florian et Cazenave totalisaient alors 47 %, contre seulement 40 % dans ce sondage pour le bloc Cazenave-Dessertine. Or, rappelons qu’en 2020, même avec un bloc à droite plus haut, qui s’est uni entre les deux tours, Hurmic a gagné. Est-ce que Cazenave et Dessertine vont arriver à faire l’union ?
Je crois que tout le monde peut y croire avec ce sondage, puisque « personne n’est mort ». Mais tout le monde comprend qu’il va y avoir des négociations avant le second tour.
Quelle est la position de Dessertine sur une alliance possible avec Cazenave ?
Pour l’instant l’alliance n’est pas d’actualité car ce n’est pas dans son intérêt. Si Dessertine fait un beau score au premier tour, il sera en position de négocier personnellement. Et, on peut alors imaginer des discussions sur la métropole ou les législatives.
Pendant la campagne, on a entendu deux sons de cloche : il a laissé entendre en off qu’il serait raisonnable et qu’il se désisterait en faveur du candidat Cazenave, tout en disant officiellement qu’il irait jusqu’au bout. Là maintenant, il répète qu’il ira jusqu’au bout, même en coulisses.
Si on en croit le sondage, le candidat LFI Nordine Raymond serait lui aussi qualifié au second tour. A quoi s’attendre dans l’entre-deux-tours ?
Son score n’est pas une surprise, Poutou (à la tête d’une liste LFI/NPA) avait fait 12 % en 2020, et là, ils présentent des candidatures séparées. Ensemble ils totalisent donc un peu plus de voix (17 %). Compte tenu des résultats électoraux que Bordeaux a enregistrés avec le Nouveau Front Populaire (NFP), on peut estimer qu’il y a des jeunes qui se reconnaissent bien dans la candidature LFI.
Pour le second tour, il y a deux thèses possibles et il est difficile de se prononcer aujourd’hui, on verra à l’issue du premier tour. Soit il s’agit pour LFI de faire perdre Hurmic, soit, comme j’ai tendance plutôt à le penser, il n’y aura pas d’accord mais peut-être un retrait pour éviter qu’un maire de droite ne passe. Ce sont les états-majors des partis qui donneront des consignes nationales, tempérées par des accords locaux.
Toutes nos infos sur les municipales 2026Si on se fie au sondage, rien n’est encore joué, est-ce que cela peut stimuler la participation ?
Tendanciellement, la participation est en baisse mais le fait que rien n’est joué peut réveiller le sens civique pour ceux qui ne veulent pas que la ville rebascule à droite ou au contraire ceux qui souhaitent que Bordeaux retrouve son lustre d’antan et arrête avec les écolos. Avec la polarisation du débat politique ces dernières semaines, on peut penser qu’il y aura aussi une volonté de s’exprimer politiquement, qui va peut-être permettre de renouer avec les niveaux de participation de 2014.