Devenir le plus âgé des hommes du pays suscite chez Jean Turco, aujourd’hui âgé de 108 ans, une forme de fierté tranquille. « Écoutez, j’en suis très fier. Ça prouve que j’ai mené une vie correcte, sans excès. Mais de toute façon, j’ai quand même vécu normalement », confie-t-il ce jeudi 26 février au micro de RTL.
Une existence « normale », certes, mais disciplinée. S’il assure ne pas s’être privé, Jean Turco reconnaît avoir fumé jusqu’à l’âge de 62 ans. « J’ai arrêté net. On dit que c’est difficile effectivement, mais avec un peu de volonté on y arrive. » Un choix décisif dans une longévité qu’il attribue autant à l’hygiène de vie qu’à la détermination.
Certains Français l’ont redécouvert il y a un an et demi lorsqu’il a porté la flamme olympique à l’Assemblée nationale. Un moment « très, très important », raconte-t-il. La demande venait de la présidente de l’Assemblée.
« C’est une grande fierté. » Pour se préparer, l’ancien député s’est entraîné avec des haltères afin de pouvoir porter les deux kilos de la torche sans difficulté.
« Je ne reconnais pas l’Assemblée nationale »
Député UDR de Paris dans les années 1970, il garde un souvenir marqué de la vie parlementaire d’alors. « Contrairement à ce que j’ai connu, je ne reconnais pas l’Assemblée nationale. À mon époque, on considérait qu’elle représentait la France. Il y avait une certaine dignité qui n’existe plus. »
Face à une vie politique qu’il juge radicalisée entre extrême droite et extrême gauche, Jean Turco se tient à distance : « Personnellement, je ne suis ni de l’un ni de l’autre. Je pense que les extrêmes sont à éviter. »
Né en 1917, il faisait son service militaire lorsque la Seconde Guerre mondiale a éclaté. Alors que la guerre en Ukraine se poursuit depuis quatre ans, son regard est empreint d’expérience : « Rien n’est pire que la guerre. On sait quand elle commence, on ne sait pas quand elle finit. »
« À chaque fois, on a dit qu’on ne s’en sortirait pas. Finalement, ça s’est arrangé. »
Fils d’immigré italien, il dit devoir à la France son parcours. « Je suis très fier de ça. Je dois tout à la France qui m’a permis de faire mes études – notamment en passant par une école d’ingénieur. »
Témoin de Mai 68, de l’alternance de 1981 et des mutations sociales, Jean Turco s’interroge sur l’évolution du rapport à l’autorité. « Il a toujours fallu un peu d’autorité pour faire marcher une entreprise, une machine, un pays. »
Pour autant, il ne cède pas au pessimisme. « J’ai réussi à passer trois générations. À chaque fois, on a dit qu’on ne s’en sortirait pas. Finalement, ça s’est arrangé. »
Aux jeunes d’aujourd’hui, il adresse un message simple : « C’est à eux de se faire confiance. »
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