Mettre une mangeoire au jardin ou sur le balcon semble être le
geste idéal pour aider les mésanges et rouge-gorges à passer
l’hiver. Pourtant, avec la circulation persistante de la
grippe aviaire et d’autres infections chez les
oiseaux sauvages, la question se pose : ce rituel est-il encore
sans danger pour eux ? Aux États-Unis, en 2026, les autorités
rappellent déjà que les mangeoires et bains concentrent les oiseaux
au même endroit, ce qui facilite la diffusion des virus quand
l’hygiène laisse à désirer.

Un nombre croissant d’ornithologues souligne aussi d’autres
effets moins visibles : prolifération de trichomonose aviaire, de
salmonellose ou de mycoplasmose, dépendance alimentaire,
déséquilibre entre espèces agressives et oiseaux plus timides.
Certaines agences de la faune, comme le Texas Parks and Wildlife
Department, sont même allées jusqu’à recommander de retirer
temporairement mangeoires et bains pour freiner la transmission.
Alors, peut-on encore nourrir les oiseaux en toute
sécurité
, et quelles sont les alternatives réellement
approuvées par les experts ?

Pourquoi les mangeoires pour oiseaux ne sont plus sans
risque

Chaque hiver, des milliers d’oiseaux se massent autour des
mangeoires pour oiseaux quand la nourriture se
raréfie, ce qui rend la contagion presque inévitable pour des
maladies comme la grippe aviaire ou la trichomonose aviaire,
fréquente chez les pinsons et verdiers. « La réponse à cette
question dépend de l’endroit où vous vivez. Les mangeoires peuvent
devenir un foyer d’infection et de bactéries, mais vous devez
toujours suivre les recommandations de votre bureau gouvernemental
local. Les tables à oiseaux traditionnelles ou les mangeoires à
plateau peuvent inviter les oiseaux à se rassembler, et à un moment
où la grippe aviaire progresse, ce n’est pas la meilleure
approche », explique Reese Robbins, expert en jardinage et créateur
du site Just Pure Gardening, cité par Homes and Gardens.

Autre écueil relevé par les spécialistes : les mangeoires mal
entretenues. Des graines humides ou souillées deviennent rapidement
un milieu favorable aux bactéries et aux champignons, et les
oiseaux les plus faibles en sont souvent les premières victimes.
Quand ces points de nourrissage deviennent l’unique source de
nourriture, certains individus perdent aussi l’habitude de chercher
graines, baies ou insectes dans la nature, tandis que les espèces
les plus dominantes monopolisent la place, au détriment de la
diversité.

Des alternatives aux mangeoires fondées sur la
biodiversité

Pour l’ONG Growing to Give, créer un jardin favorable à
la biodiversité
reste la meilleure des
alternatives aux mangeoires. L’idée est de
multiplier les insectes proies naturelles.

« Les oiseaux adorent les insectes et les punaises, alors
apprendre à construire un hôtel à insectes ou laisser des zones
sauvages pleines de bûches et de feuilles est toujours une bonne
idée. Ici, les coléoptères et les vers prospéreront, offrant de
nombreuses possibilités d’alimentation aux oiseaux », explique
Siobhan Shaw, experte en jardinage durable et fondatrice de l’ONG
Growing to Give, citée par Mon Jardin Ma Maison. Quelques tas de
bois et de feuilles, associés à quelques arbustes à baies
indigènes, suffisent souvent pour transformer un coin de pelouse en
garde-manger.

Micro-mangeoires et menu d’hiver pour
limiter les risques

Pour ceux qui tiennent à garder un apport de graines, plusieurs
spécialistes recommandent de remplacer les grands plateaux par de
très petites mangeoires ou boules de graisse suspendues, chacune
utilisable par un seul oiseau à la fois et espacées dans le jardin.
En parallèle, mieux vaut privilégier des aliments énergétiques en
petites quantités, comme des graines de tournesol noir, de l’avoine
ou du blé concassé, mais aussi des baies et fruits secs.

Sources