Aloïse Corbaz (1886-1964), dite Aloïse
Née dans une famille modeste à Lausanne en 1886, Aloïse Corbaz souhaite devenir cantatrice. Parallèlement à des cours de chant, elle suit un cursus de couturière.
En 1911, elle part travailler comme gouvernante en Prusse à la cour de Guillaume II, où elle développe une fascination pour l’empereur. La Première Guerre mondiale la force à rentrer en Suisse, mais elle exprime dès 1915 des idées délirantes qui inquiètent son entourage. Sa famille la fait interner en 1918 à l’asile de Cery, proche de Lausanne, puis à celui de la Rosière, à Gimel (VD). Diagnostiquée schizophrène, elle passera dans cette institution l’essentiel de sa vie, soit près de quarante-six ans.
L’artiste Aloïse Corbaz
C’est à la Rosière qu’elle crée l’essentiel de son œuvre. Sur des papiers récupérés, au crayon et au pastel, elle compose en cachette de grandes scènes peuplées de figures féminines, de couples et de personnages royaux, dans un univers foisonnant et coloré. Soutenue par des médecins puis reconnue par Jean Dubuffet, elle est une figure majeure de l’art brut et ses oeuvres sont exposées à Lausanne depuis 1976.
>> A voir, cette vidéo issue des archives RTS dans laquelle le psychiatre Albert Bader évoque la figure d’Aloïse Corbaz :
Aloïse Corbaz / Clés du regard / 3 min. / le 25 février 1976 Joseph Giavarini (1877-1934), dit le prisonnier de Bâle
Joseph Giavarini est né en Italie, près de Parme et a grandi sans éducation, dans la pauvreté. Il travaille très jeune, puis s’expatrie en France et en Allemagne où il devient maçon et chef de chantier. Installé à Bâle avec sa famille nombreuse, il fonde une entreprise prospère. Sa vie bascule en 1927 après le meurtre de son amante, pour lequel il est condamné à six ans de prison. En détention, rongé par le remords, il réalise des sculptures avec des matériaux simples, aidé par sa famille. Ses oeuvres, exposées dans la prison, attirent l’attention de Jean Dubuffet, qui les intègre à sa collection d’art brut en 1962.
Joseph Giavarini, sans titre [Deux musiciens], entre 1928 et 1934 terre modelée, peinture, bois et matériaux divers. [Collection de l’art brut] Adolf Wölfli (1864-1930)
Adolf Wölfli est né à Bowil, dans le canton de Berne. À l’âge de 7 ans, il est abandonné par son père, un tailleur de pierre souffrant d’alcoolisme. Sa mère décède deux ans plus tard. Devenu orphelin, il est placé successivement dans des familles paysannes où il travaille comme chevrier et valet de ferme. Diagnostiqué schizophrène, il est interné en 1895 à l’asile cantonal d’aliénés de la Waldau, à Berne, où il réside jusqu’à son décès.
>> A voir, cette « biographie rêvée » d’Adolf Wölfli réalisée par Pierre Koralnik :
La Passion d’Adolf Wölfli : Une biographie rêvée / Fiction / 3 min. / le 17 janvier 1984
À partir de 1899, il commence à dessiner, écrire et composer de la musique, oeuvrant du matin au soir. Ses travaux sont conservés dès 1907 par le docteur Walter Morgenthaler, qui aménagera un musée au sein de la clinique dans le but de sauvegarder les oeuvres réalisées par les patients et patientes de l’établissement. Walter Morgenthaler publie en 1921 une monographie qui accorde un statut artistique aux productions d’un aliéné – terme employé à l’époque pour désigner les résidents et résidentes à la Waldau.
Adolf Wölfli, sans titre [Le lac et les îles], 1916 crayon de couleur et mine de plomb sur papier. [Collection de l’art brut]
L’oeuvre d’Adolf Wölfli est colossale. Elle comprend vingt-cinq mille pages où se déploient des compositions graphiques très denses, mais aussi des collages, des partitions musicales ainsi que des créations littéraires placées au verso des dessins.
>> A voir sur Play RTS, une série de vidéos autour de l’art brut