Gorillaz, l’un des groupes du musicien britannique Damon Albarn, sort son neuvième album collaboratif, très inspiré par l’Inde, intitulé « The Mountain ».

Publié le 27/02/2026 12:16

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La pochette de "The Mountain", 9e album de Gorillaz, disponible le 27 février 2026. (KONG)

La pochette de « The Mountain », 9e album de Gorillaz, disponible le 27 février 2026. (KONG)

L’un des albums les plus attendus de l’année. Gorillaz, le plus célèbre groupe « virtuel » du monde, sort The Mountain, son neuvième album, vendredi 27 février. Toujours dessiné par Jamie Hewlett et emmené par Damon Albarn, très inspirés par l’Inde, il installe ses personnages entre monde réel et au-delà. En faisant renaître les voix d’anciens collaborateurs aujourd’hui disparus, comme Dave Jolicoeur de De La Soul, l’acteur Dennis Hopper, le musicien Bobby Womack ou le chanteurMark E. Smith, la mort en est presque le sujet principal. Un projet ambitieux pour un groupe si populaire.

À la mort de son père, Damon Albarn est parti à Bénarès, capitale spirituelle de l’Inde. Le leader de Gorillaz, qui venait de conclure une tournée mondiale avec Blur, son autre groupe-mastodonte, est allé disperser ses cendres. Quelques mois plus tôt, le dessinateur, Jamie Hewlett, qui donne vie depuis vingt-cinq ans aux personnages déglingués de ce groupe aussi réel que virtuel, s’était aussi rendu en Inde pour accompagner les derniers jours de sa belle-mère. Le chemin d’un nouvel album était tracé.

« Dieu merci, nous étions en Inde. Créer quelque chose avec cette abstraction essentielle qu’est la mort, ce n’était pas prévu. C’est juste la vie, putain », explique Damon Albarn. « Nous ne sommes pas devenus spirituels du tout, assure Jamie Hewlett. Nous avons juste eu une expérience qui nous a aidés dans ce que nous traversions. Mais nous n’étions pas des touristes cherchant un ashram ou je ne sais quoi. L’idée, c’était d’explorer une voie différente sur la fin de la vie, comparé à ce avec quoi on a grandi, c’est-à-dire que la mort, c’est la fin, adieu et tout est très triste. »

« Quand vous allez dans cette partie du monde, il y a une attitude vraiment très différente, plus joyeuse, qui enlève toute peur. »

Jamie Hewlett

à franceinfo

Avec Gorillaz, la musique se fait toujours avec force invités, et pas des moindres : la sitariste indienne Anoushka Shankar, le groupe de punk rock anglais IDLES, l’ex-guitariste des Smiths, Johnny Marr, l’ancien bassiste des Clash, Paul Simonon, ou encore le Syrien, star de l’électro-folk, Omar Souleyman. Des artistes vivants qui apparaissent aux côtés d’artistes disparus, collaborateurs sur les albums précédents : Tony Allen, Mark E. Smith, Bobby Womack, mais aussi Dennis Hopper.

Une présence émouvante mais nécessaire, pour Damon Albarn. « Je pense que le dessin nous a aidés à nous replonger dans les anciens enregistrements de gens qui avaient travaillé avec nous. Dans notre manifeste originel, l’une des idées, c’était que le personnage de Russell avait le pouvoir de ramener à la vie les voix de musiciens et de rappeurs morts. Finalement, on a respecté cette idée ridicule venue du dessin », sourit le leader du groupe.

Jamais le fond n’avait semblé si important pour Gorillaz, mais « on n’oublie pas qu’on est dans l’industrie du divertissement », rappelle tout de même Jamie Hewlett. Multirécompensé, acclamé et réclamé partout, Gorillaz, chantre de la réinvention permanente, est en concert, en France, à We Love Green, à Paris le 5 juin et au festival Musilac, à Aix-les-Bains, en Savoie, le 11 juillet.