« Heureusement que les inondations ont lieu maintenant car en avril, on ne sera plus assuré ». Alors que leur maison dans la campagne de Bruz, au sud de Rennes, a été inondée pour la deuxième fois en un an, le 19 février, André et Nicole Ralu sont en colère contre leur assureur. « Avec la répétition des inondations, ils ont décidé de ne plus nous assurer ». Âgé de 80 ans, le couple a emménagé dans ce hameau en 1995. Depuis, ils ont connu trois inondations importantes. « On avait eu 47 centimètres d’eau en 2001 et 70 centimètres en janvier 2025. » Celle de 2025 a été celle de trop pour leur assureur, qui a décidé de dire stop.
Les sinistrés de Pont-Réan, Bruz ou encore Guipry-Messac ont-ils donc du souci à se faire ? « Il n’y a pas de limites dans les contrats d’assurance sur le nombre de prises en charge de sinistres, tempère Marie Gorbineau, directrice assurance habitation chez L’Olivier assurances. Les modalités sont le mêmes entre le premier et le second sinistre, l’indemnisation sera la même. » « On va même plutôt redoubler de vigilance afin que l’accompagnement soit plus plus », ajoute Donatien Levesque, directeur des sinistres chez Direct Assurance.
« Il y a un risque »
Comme en 2025, les assurances préconisent de « déclarer au plus vite le sinistre, sans attendre qu’il soit classé en catastrophe naturelle. Prenez des photos ou des vidéos des biens endommagés, mais aussi de la pièce dans laquelle ils se trouvent pour avoir une vue d’ensemble. Plus vous documentez, mieux c’est. » Si l’état de catastrophe naturelle a été reconnu pour neuf communes du Finistère, celles touchées en Ille-et-Vilaine ne le sont pas pour le moment, ce vendredi 27 février.
Reste la récurrence des inondations. Car si, lors de la crue de 2025, les communes impactées n’avaient pas vu un tel évènement depuis 2001, cette fois, la Vilaine et la Seiche ont décidé de sortir de leur lit deux années de suite. « Au bout d’un certain temps, il se peut effectivement que l’assureur résilie, il y a un risque », reconnaît Marie Corbineau.
« On attend et on croise les doigts »
Ce risque, certains en ont peur. Comme Maguy Kabacinski. Restauratrice à Pont-Réan, elle a eu sept centimètres d’eau dans la cuisine de son établissement la semaine dernière, un an après des inondations qui ont tout ravagé. Si l’épisode de 2026 a été moins dramatique, des dégâts sont tout de même à déplorer. « On a perdu tout notre stock de nourriture et les tasseaux de bois fixés qu’on a fixé au mur de l’entrée après les inondations de 2025 sont foutus. » L’expert chargé d’évaluer le sinistre pour l’assurance, lui, n’est pas encore passé. « On attend et on croise les doigts. On espère surtout que la récurrence des phénomènes ne nous portera pas préjudice ».
Et si le contrat de Maguy Kabacinski était, comme celui Nicole et André Ralu, résilié par l’assurance ? « C’est un cas de figure très rare. En revanche, il peut y avoir une majoration sur le contrat si les évènements se répètent », tempère Donatien Levesque. « Il est toujours possible de faire des devis ailleurs, précise Marie Corbineau. Et si aucune assurance n’accepte de vous assurer, alors il faut saisir le Bureau central de tarification (BCT) qui devra lui faire une proposition pour l’assurer ».