L’événement a eu lieu ce vendredi 27 février 2026 en centre-ville de Perpignan. Le tableau de Dalí « Hallucination partielle. Six images de Lénine sur un piano » est arrivé au musée Hyacinthe Rigaud et a été accroché, avant que le public ne puisse le découvrir dès ce samedi 28 février.
L’émotion était palpable ce vendredi 27 février au matin au musée Hyacinthe Rigaud de Perpignan à l’arrivée de l’œuvre de Salvador Dalí (1904-1989) depuis le centre Pompidou-Musée national d’art moderne de Paris. Et la sécurité de mise pour accueillir ce prêt exceptionnel qui trônera dans l’ancien salon d’apparat de l’hôtel particulier de Lazerme du musée jusqu’au 30 avril 2027.
« Magnifique et émouvant »
« Hallucination partielle. Six images de Lénine sur un piano » (1931), inspirée d’une vision hypnagogique, marque un tournant dans l’œuvre du peintre catalan, introduisant pour la première fois une dimension politique. Le tableau traduit la défiance de l’artiste à l’égard de toute instrumentalisation idéologique de l’art. Pascale Picard, directrice et conservatrice du musée Rigaud, se réjouit de ce prêt sur lequel elle travaille depuis deux ans : « C’est magnifique et émouvant de le voir ici au musée Rigaud. C’est vraiment une très belle œuvre », partage-t-elle, en scrutant le moindre détail. Découvrant même le « A Gala » à côté de la signature de Salvador Dalí. « C’est incroyable cette précision, les têtes de Lénine. C’est un tableau très connu d’une époque très importante. Là c’est un morceau de l’histoire de l’art que nous avons entre les mains », détaille la conservatrice.

C’est une grande première, l’œuvre de Dalí a désormais pris place au cœur du musée Rigaud. Il sera visible jusqu’au 30 avril 2027.
L’INDEPENDANT – MICHEL CLEMENTZ
La pièce du musée désormais consacré au travail de Dalí s’enrichit de deux autres réalisations issues des collections du musée : un dessin original représentant le clocher de Collioure et une photographie rehaussée de gouache, clin d’œil à la gare de Perpignan que Dalí considérait comme « le centre cosmique de l’univers ». Les murs dévoilent aussi une œuvre issue d’un acte de donation réalisée par Ramon Pichot, figure de l’avant-garde des peintres modernistes catalans. En 1916, c’est lui qui initie Dalí à une « esthétique anti-académique et ouvre la voie à une trajectoire artistique marquée par l’indépendance, la provocation et l’invention permanente ». Encore plus rare, le lieu culturel présente aussi le carton d’invitation de Dalí annonçant son exposition à New-York en décembre 1965, avec une vision de deux wagons sur le quai de la gare, « un document formidable ».

D’autres œuvres de Dali prennent place dans la pièce qui lui est consacré comme la photographie « Pop-Op-Yes-Yes-Pompier ».
L’INDEPENDANT – MICHEL CLEMENTZ

La pièce accueille aussi le carton d’invitation de Dali à son exposition en décembre 1965 à New-York.
L’INDEPENDANT – MICHEL CLEMENTZ
Une fenêtre vers l’exposition Dalí 2027
Voilà là les prémices de la grande rétrospective Dalí prévue en 2027 au musée Rigaud de Perpignan, centrée sur l’analyse de La Gare de Perpignan ou Pop, Op, Yes-Yes, Pompier (1965). « L’idée c’est de montrer et valoriser les œuvres en collection car Dalí ne faisait pas partie du parcours permanent. Il y avait aussi cette envie d’ancrer trois figures catalanes/espagnoles incontournables de l’art : Picasso, Dalí et Miró, dont une exposition lui sera consacrée cet été au musée Rigaud. Montrer comment ces trois grandes figures de l’histoire ont aussi eu des interférences avec notre territoire », explique Pascale Picard.

Avant l’installation, les régisseuses des collections ont scruté les moindres détails pour s’assurer que le tableau est arrivé en bon état.
L’INDEPENDANT – MICHEL CLEMENTZ
Mais pour l’heure, ce vendredi matin l’instant était consacré aux détails avant la présentation au public. « On regarde s’il n’y a pas eu de dégâts pendant le transport ou de chocs thermiques pouvant altérer la qualité du tableau », explique la directrice décrivant le « constat d’état » réalisé par les régisseuses des collections et la directrice. « C’est fait au départ du centre Pompidou puis à l’arrivée à Rigaud, et ce sera pareil pour le retour ». « Mais tout va bien ! », rassure-t-elle. Place ensuite à l’accrochage, aux réglages de niveau et au nettoyage des abords. Viendra ensuite une pancarte biographique de Dalí et la présentation de ses tableaux. Avant l’ouverture officielle au public ce samedi.
Samedi 28 février à 15 h 30 : Visite avec Pascale Picard, directrice et conservatrice du musée.
Dimanche 1er mars et samedi 7 mars visite guidée à 11 h 15.
Du 3 au 14 mars, du mardi au samedi à 15 h 30 : visite flash – Dalí en dialogue avec le musée
