Voilà un mauvais signal envoyé aux parents ou futurs parents alors que le taux de natalité s’est rétracté à 1,56 enfant par femme, au plus bas depuis 1918. Ce 1er mars entre en vigueur le report de la majoration des allocations familiales pour les parents d’adolescents, un sujet très technique mais qui fera perdre à certaines familles des centaines voire des milliers d’euros chaque année.

Concrètement, jusqu’à la fin février, les parents reçoivent une majoration d’allocations familiales lorsque leur deuxième rejeton souffle sa 14e bougie, au moment où les dépenses des adolescents en vêtements, équipements électroniques… gonflent. Mais le gouvernement a décidé par décret, en parallèle du budget de la Sécu 2026, de décaler ce coup de pouce financier au 18e anniversaire du deuxième enfant.

La mesure ne concerne pas les bénéficiaires actuels

En pratique, si elle n’est versée qu’à partir du deuxième enfant (comme le montant de base de l’allocation familiale), la majoration prévue aux 14 ans du jeune à charge permet aux familles de grappiller 18,88 euros, 37,77 euros ou 75,53 euros par mois selon les revenus du ménage. À la fin de l’année, selon le nombre d’enfants ― la majoration est versée une fois pour une famille de deux enfants et trois fois pour une famille de trois enfants ―, le gain est particulièrement considérable : jusqu’à 906,36 euros pour deux enfants de plus de 14 ans et jusqu’à 2 719,08 euros pour trois grands adolescents. Et autant d’argent de perdu pour ces familles à partir du 1er mars.

Le décret qui acte la mesure précise que « l’âge de la majoration des allocations familiales sera progressivement décalé de 14 ans à 18 ans pour les futurs bénéficiaires, sans changement pour les bénéficiaires actuels ». L’économie pour l’État devrait être de 200 millions d’euros en 2026 avec une montée en charge jusqu’en 2029.

« Injuste pour tous ceux qui ont déjà du mal à boucler les fins de mois »

Mais comment justifier une telle mesure ? À l’automne, l’exécutif mettait en avant une étude de la DRESS qui « remet en question la pertinence du seuil fixé à 14 ans, le seuil effectif de surcoût se situant plutôt autour de 18 ans ».

« C’est une mesure qui est doublement injuste, avait réagi en décembre l’Union nationale des associations familiales. Injuste pour tous ceux qui ont déjà du mal à boucler les fins de mois et injuste pour ceux qui ont des enfants, en particulier les familles nombreuses qui vont être très pénalisées. » Et de conclure : « Face à l’objectif d’une relance démographique, cette mesure destinée à pénaliser les familles à partir de deux enfants est un contresens ».