C’est ce dimanche qu’entre en vigueur la taxe sur les petits colis en France. Fixée à deux euros, cette taxe adoptée dans le projet de loi de finances 2026 s’applique sur les colis d’une valeur inférieure à 150 euros en provenance de pays extérieurs à l’Union européenne, et à destination de la France métropolitaine, de la Martinique, de la Guadeloupe, de La Réunion ou de Monaco.

Cette mesure vise à « limiter les importations de produits très bon marché et à encourager le recours aux circuits courts et aux commerces de proximité », explique le gouvernement sur son site ce jeudi. En clair, elle vise surtout à lutter contre le déferlement de produits chinois à bas prix, achetés sur des plateformes asiatiques comme Shein, Temu ou AliExpress.

Cette taxe concerne chaque article et « s’applique même si plusieurs articles sont regroupés dans un même colis », indique le gouvernement. Par exemple, « un colis d’une valeur de 100 euros contenant un seul article entraîne une taxe de deux euros » et « un colis d’une valeur de 100 euros contenant dix articles distincts déclarés entraîne une taxe de vingt euros ».

La Poste précise toutefois sur son site que « si un envoi contient plusieurs exemplaires d’un même article douanier (même code SH), il sera taxé deux euros ». « En d’autres termes, si vous achetez quatre tee-shirts identiques, vous paierez un total de deux euros de taxe petits colis sur votre envoi de marchandises », ajoute le site de La Poste.

À l’inverse, « si un colis contient plusieurs articles douaniers différents (codes SH différents), chaque type d’article déclaré sera taxé deux euros, peu importe le nombre d’exemplaires ». « Si vous achetez quatre tee-shirts identiques, deux pulls identiques et un pantalon, vous paierez un total de six euros de taxes petits colis sur votre envoi de marchandises », selon La Poste.

Mais que les clients se rassurent dans un premier temps : ce ne sont pas eux qui vont payer ces taxes. « La taxe doit être acquittée par le redevable de la TVA à l’importation », précise le gouvernement. « Il peut donc s’agir soit directement du vendeur soit de la plateforme servant d’intermédiaire. » Toutefois, le vendeur pourra la répercuter sur le prix.

Cette taxe française est « applicable jusqu’à l’entrée en vigueur du dispositif similaire de frais de gestion au niveau de l’Union européenne, prévu au plus tard le 31 décembre 2026 ». Les États européens ont décidé la mise en place, au 1ᵉʳ juillet 2026, d’une taxation de trois euros afin de contrer l’afflux de produits chinois à bas prix et souvent non conformes aux normes.

Quelque 4,6 milliards d’envois de moins de 150 euros sont entrés sur le marché européen en 2024, soit plus de 145 chaque seconde. Sur ce total, 91 % provenaient de Chine. Cet afflux de paquets importés sans droit de douane est dénoncé avec de plus en plus de vigueur comme une forme de concurrence déloyale par les producteurs et commerçants européens.

De plus, la masse de colis arrivant en Europe est telle que les douaniers sont fréquemment dans l’incapacité de contrôler leur conformité. Difficile dans ces conditions d’intercepter les produits dangereux ou contrefaits avant qu’ils n’arrivent dans les mains des consommateurs.