L’aventure Uriel connaîtra son point final le mercredi 18 mars. Les commissaires-priseurs de Saintonge Enchères Laurence Boggero et Jean-Renaud Geoffroy procéderont ce jour-là à la vente aux enchères, notamment, des dix Méhari Eden en stock dans la concession, de dix coloris et modèles différents (1).
Les estimations publiées en amont de cette vente ne restent que des estimations. « Avec un tel produit, je navigue à vue », ne cache pas le commissaire-priseur Jean-Renaud Geoffroy s’est basé en partie sur les tarifs de commercialisation affichés dans le showroom d’Uriel Autos. Des tarifs qui donnent des indices, peut-être, sur les raisons de l’échec du défi que s’étaient lancé en juin 2024 deux entrepreneurs royannais, Uriel Trouillet, 42 ans, et Christian Perron, 49 ans.
Quelques locations
Uriel Autos se faisait fort de devenir la première concession dédiée à la Méhari Eden, vente et location, version électrique que MCC commercialisait déjà en direct, en sortie d’usine. Si le kilométrage relevé sur les dix modèles qui seront vendus aux enchères le 18 mars montre que la location a séduit quelques clients, mais en dépit d’un discours d’Uriel Trouillet vantant un premier « bon été » en 2024, les ventes, elles, n’ont visiblement pas décollé.
« Sans volume de ventes important, difficile d’atteindre l’équilibre »
À 39 214 euros TTC la version électrique du modèle Azur de la Méhari ou même à 51 974 euros du modèle Sorbet de la Méhari Eden, « le prix de deux Méhari à moteur thermique refaites à neuf », compare, perplexe, Jean-Renaud Geoffroy, la frilosité des acheteurs s’explique. Surtout, la société Uriel Autos achetait elle-même les véhicules à un prix approchant de ces tarifs commerciaux. Sans volume de ventes important, difficile d’atteindre l’équilibre. D’autant plus avec l’immobilisation à la concession d’une flotte de dix véhicules estimée à quelque 300 000 euros, des véhicules qui auraient a priori été dûment réglés à MCC.
Une franchise mort-née
Uriel Trouillet, le premier, avait voulu croire dans le potentiel de l’Eden, cette version électrique de la Méhari, développée depuis 2017 par le Méhari Club Cassis (MCC), une société, en dépit de son intitulé, propriétaire des brevets de la Méhari et de la 2 CV Citroën, fabricant et vendeur de pièces détachées neuves. MCC propose aussi du « re-fit », de la remise à neuf. Et développe donc également de nouvelles versions des véhicules historiques de Citroën.
Plus confiant encore, Uriel Trouillet et Christian Perron avaient lancé quelques mois seulement après l’ouverture de leur propre showroom royannais Uriel Franchise, pour développer un réseau de revendeurs franchisés, donc, et liés aux deux entrepreneurs royannais. Une concession franchisée a bien ouvert à Annecy, en juin 2025. Joint par téléphone, Uriel Trouillet avançait il y a quelques jours encore d’autres ouvertures, dont « Avignon en avril ». L’ancien fondateur de la franchise qui porte son nom assurait aussi que « Saint-Tropez et Hossegor sont signés ». La réalité serait moins rose que la Méhari Eden Sorbet…
« Passer à autre chose »
Désireux de « passer à autre chose », ce qu’il dit avoir déjà fait, professionnellement, d’ailleurs, Uriel Trouillet explique énigmatiquement avoir eu avec son associé Christian Perron « une opportunité de sortir » de l’aventure Méhari Eden. « Au vu de la conjoncture économique, on a préféré profiter de cette occasion », mais il dément toute difficulté financière…

Si les puristes tiquent devant cette version électrique du mythe de Citroën, la Méhari Eden faisait son petit effet auprès des badauds.
R. C. / SO
La vente aux enchères fera en tout cas des heureux, peut-être, en quête d’une Méhari Eden au meilleur prix. Ou des « goodies » qu’Uriel Autos proposait à la vente à la concession de Royan, des milliers de t-shirts, des centaines de sweats, des dizaines de casquettes, bonnets et autres mugs. Estampillés au logo d’une marque éphémère déjà sortie des radars.