BMW tente de sortir de l’impasse fiscale
qui menace ses Mini électriques produites en Chine, surtaxées à
plus de 30 % en Europe. Entre Bruxelles et Pékin, les négociations
s’intensifient et pourraient rebattre les cartes pour les
conducteurs européens.
Les Mini électriques produites en Chine de BMW
se retrouvent au cœur d’un bras de fer commercial dont les
automobilistes européens se seraient bien passés. Entre droits de
douane classiques et surtaxes anti-subventions, ces modèles « made
in China » cumulent aujourd’hui plus de 30 % de taxes à l’entrée sur
le marché européen, au moment même où les ventes de voitures
électriques marquent le pas.
Pour éviter que la facture ne devienne ingérable, BMW cherche désormais une porte de
sortie à Bruxelles. Le constructeur suit la trace de Cupra, qui
a déjà obtenu un traitement de faveur pour son SUV Tavascan
fabriqué en Chine. Les Mini Cooper Electric et
Mini Aceman sont au centre des discussions,
annoncées comme « à un stade avancé » par le Handelsblatt. Mais pour
que ces Mini « made in China » échappent aux surtaxes, il faudra
accepter un compromis assez particulier avec l’Union
européenne.
Mini électriques produites en Chine : pourquoi BMW est pris en
étau
Tout remonte à l’enquête antisubventions ouverte par l’Union
européenne à l’automne 2023 sur les véhicules électriques importés
de Chine. À la suite de ce dossier, Bruxelles a décidé à partir de
juillet 2024 d’ajouter jusqu’à 38 % de droits supplémentaires aux
10 % de douane standard sur ces modèles. Des taux précis ont été
fixés pour certains groupes chinois : 17,4 % pour BYD, 19,9 % pour
Geely, 37,6 % pour SAIC, avec une surtaxe moyenne autour de 21 %
pour les autres constructeurs coopératifs. Ces mesures visent aussi
des voitures de marques européennes produites en Chine, ce qui
inclut les Mini électriques produites en
Chine.
BMW a justement choisi la Chine pour industrialiser ses
Mini Cooper Electric et
Mini Aceman, via la coentreprise Spotlight
Automotive montée avec Great Wall Motor, à Zhangjiagang. Sur le
papier, le pari semblait solide : coûts maîtrisés, accès aux
fournisseurs de batteries, capacités industrielles massives. Sauf
que les deux modèles se retrouvent désormais frappés par une
surtaxe additionnelle d’environ 20,7 à 21,3 %, qui s’ajoute aux 10
% de base. Plus de 30 % de droits en tout : autant dire que ça
pique pour les marges du constructeur, et que la question du
positionnement tarifaire en Europe devient très délicate.
Un compromis avec l’Europe pour alléger les surtaxes sur les
Mini
Pour desserrer l’étau, la Commission européenne et Pékin ont
validé début 2026 un mécanisme d’exception : les surtaxes
additionnelles peuvent être supprimées au cas par cas si un
constructeur accepte un accord d’engagement de prix
minimum et des promesses d’investissement. Les lignes
directrices détaillant ces « prix planchers » ont été publiées en
janvier 2026. Cupra a été la première à s’engouffrer
dans la brèche pour son Tavascan fabriqué en Chine : en échange
d’un prix minimum garanti à l’importation, de quotas annuels,
d’obligations de transparence et de contrôles réguliers, le SUV
espagnol ne paie plus que les 10 % de droits de douane standard, la
surtaxe d’environ 20,7 % ayant été effacée.
BMW espère aujourd’hui reproduire ce schéma pour ses
Mini électriques produites en Chine. Selon les
informations relayées par le Handelsblatt, la Commission pourrait
accepter que les Mini Cooper Electric et
Mini Aceman soient importées à un prix minimum
prédéfini, en échange de la suppression de la surtaxe d’environ
20,7 %. Pour le constructeur, l’idée est claire : remplacer une
taxe punitive par un cadre de prix stable, plus prévisible, même si
cela l’empêche de casser les prix. Côté automobiliste, cela ne
garantit pas une baisse immédiate des tarifs en concession, mais
cela limite la pression à la hausse et réduit le risque de voir ces
modèles disparaître ou arriver au compte-gouttes sur le marché
européen.